Changer ses fenêtres, c’est probablement l’un des chantiers avec le meilleur retour sur investissement après l’isolation. Des fenêtres simple vitrage ou du double vitrage des années 90, c’est 10-15% de votre facture de chauffage qui part par les fenêtres (littéralement). Et avec les aides 2026, vous pouvez financer 40-60% de votre projet.
Mais attention : le marché de la fenêtre est truffé d’arnaques. Entre les commerciaux qui vous vendent du triple vitrage hors de prix alors que du double vitrage performant suffit, les poseurs qui bâclent l’étanchéité (= courants d’air garantis), et les devis incompréhensibles qui cachent des surcoûts, il y a de quoi s’y perdre.
Ce guide va vous expliquer les différences entre PVC, alu et bois, comment choisir entre double et triple vitrage, combien ça coûte vraiment en 2026, quelles aides vous pouvez obtenir, et surtout comment éviter les pièges des vendeurs de fenêtres. Parce qu’avec les bons choix, de nouvelles fenêtres se remboursent en 8-12 ans maximum via les économies d’énergie.
PVC, alu ou bois : quel matériau choisir ?
C’est LA première question. Et contrairement à ce que vous diront les vendeurs, il n’y a pas un matériau « meilleur » que les autres. Tout dépend de vos priorités : budget, esthétique, entretien, isolation, ou contraintes réglementaires (zones protégées).
PVC : le meilleur rapport qualité-prix
Le PVC, c’est 60% du marché français. Normal : c’est le matériau qui offre le meilleur compromis isolation/prix/entretien.
Avantages : Prix le plus bas (200-500€ par fenêtre standard), isolation thermique excellente (Uw jusqu’à 1,2), isolation phonique très bonne, zéro entretien (pas de peinture, juste un coup d’éponge), ne rouille pas, ne pourrit pas, durée de vie 30-40 ans.
Inconvénients : Esthétique « plastique » (peut dévaloriser sur une belle maison de caractère), choix de couleurs limité (blanc, gris, imitation bois mais jamais aussi beau que du vrai bois), interdit dans certaines zones protégées (ABF, monuments historiques), moins solide que l’alu pour les grandes baies vitrées.
Prix moyen 2026 : 300-600€ pour une fenêtre PVC double vitrage 1,20×1,20m pose comprise. 400-800€ pour une porte-fenêtre 2,15×0,80m.
Pour qui ? Budget serré, priorité isolation/performance, pas de contraintes esthétiques particulières, maison récente ou rénovation complète.
Aluminium : moderne et résistant
L’alu, c’est le matériau tendance depuis 10 ans. Plus cher que le PVC, mais avec un look plus moderne et des performances mécaniques supérieures.
Avantages : Esthétique moderne et épurée, profilés fins (plus de surface vitrée = plus de lumière), très solide (parfait pour grandes baies coulissantes 3-4m), large choix de couleurs (RAL au catalogue), ne pourrit pas, ne rouille pas (avec traitement), recyclable à 100%.
Inconvénients : Prix élevé (30-50% plus cher que le PVC), isolation thermique inférieure (Uw 1,4-1,6 vs 1,2 pour le PVC, sauf avec rupture de pont thermique), condensation possible sur les profilés par grand froid, entretien léger nécessaire (lubrification des mécanismes).
Prix moyen 2026 : 400-900€ pour une fenêtre alu double vitrage 1,20×1,20m. 600-1 200€ pour une porte-fenêtre. 1 500-3 000€ pour une baie coulissante 3m.
Pour qui ? Budget confortable, recherche esthétique moderne, grandes baies vitrées, maison contemporaine, priorité design sur isolation maximale.
Bois : charme et écologie
Le bois, c’est le matériau traditionnel. Moins courant aujourd’hui (10% du marché), mais irremplaçable dans certaines situations (zones protégées, maisons anciennes).
Avantages : Esthétique incomparable (noble, chaleureux), isolation thermique excellente (comparable au PVC), seul matériau autorisé dans beaucoup de zones ABF, écologique (renouvelable, faible empreinte carbone), réparable (un coup de rabot si ça coince).
Inconvénients : Prix élevé (équivalent ou plus cher que l’alu), entretien régulier obligatoire (lasure ou peinture tous les 5-8 ans sinon pourrissement), peut gondoler avec l’humidité, sensible aux insectes xylophages (traitement nécessaire).
Prix moyen 2026 : 500-1 000€ pour une fenêtre bois double vitrage 1,20×1,20m en pin traité. 700-1 500€ en chêne ou bois exotique.
Pour qui ? Contrainte ABF/zone protégée, maison ancienne ou de caractère, recherche d’authenticité, budget confortable, acceptation de l’entretien régulier.
Double ou triple vitrage : lequel choisir ?
Le triple vitrage, c’est le nouveau piège marketing des vendeurs de fenêtres. Ils vous disent « c’est mieux, ça isole plus ». Techniquement oui, mais dans 80% des cas, c’est inutile et ça coûte 30-40% plus cher.
Double vitrage : suffisant dans 95% des cas
Un bon double vitrage moderne (4/16/4 avec gaz argon), c’est un coefficient Uw de 1,2-1,4. C’est déjà 4 fois plus isolant qu’un simple vitrage et 2 fois plus qu’un vieux double vitrage des années 90.
Performances : Uw 1,2-1,4 W/m²K (excellent), facteur solaire Sw 0,6 (63% de l’énergie solaire entre), transmission lumineuse 80% (très clair), isolation phonique 30-35 dB (correct pour rue normale).
Prix : Standard, inclus dans le prix de base des fenêtres.
Quand le choisir : Maison standard en France (hors montagne), climat tempéré, fenêtres orientées sud/est/ouest (apports solaires bienvenus l’hiver), budget standard.
Triple vitrage : utile seulement dans 3 situations
Le triple vitrage (4/12/4/12/4), c’est 3 vitres séparées par 2 lames de gaz. Résultat : Uw de 0,8-1,0 (meilleur que le double), mais aussi plus lourd, plus cher, et moins de lumière.
Performances : Uw 0,8-1,0 W/m²K (top isolation), mais facteur solaire Sw 0,5 (seulement 50% de l’énergie solaire entre = perte de chauffage gratuit l’hiver), transmission lumineuse 70% (plus sombre), poids +50% (charnières renforcées nécessaires).
Prix : +30-40% vs double vitrage, soit +100-150€ par fenêtre.
Quand le choisir :
- Climat très froid : Montagne (>1 000m d’altitude), nord-est de la France (Vosges, Jura), hivers régulièrement à -15/-20°C.
- Maison passive/BBC : Si vous visez un label PassivHaus ou une consommation <15 kWh/m²/an, le triple vitrage est quasiment obligatoire.
- Fenêtres nord : Une fenêtre plein nord ne reçoit jamais de soleil. Autant maximiser l’isolation (pas de perte de chauffage solaire).
Dans tous les autres cas, le double vitrage performant suffit largement et coûte moins cher.
Les vrais prix des fenêtres en 2026
Le prix d’une fenêtre dépend de 5 facteurs : le matériau (PVC/alu/bois), la taille, le vitrage (double/triple), le type d’ouverture (oscillo-battant, coulissant), et la marque.
Prix moyens par type de fenêtre (pose comprise)
Fenêtre standard 1,20 x 1,20m oscillo-battante :
- PVC double vitrage : 300-600€
- Alu double vitrage : 400-900€
- Bois double vitrage : 500-1 000€
- PVC triple vitrage : 450-750€
Porte-fenêtre 2,15 x 0,80m (1 vantail) :
- PVC double vitrage : 400-800€
- Alu double vitrage : 600-1 200€
- Bois double vitrage : 700-1 400€
Baie vitrée coulissante 3m (2 vantaux) :
- PVC double vitrage : 1 200-2 000€
- Alu double vitrage : 1 500-3 000€
- Bois double vitrage : 2 000-4 000€
Fenêtre de toit (Velux ou équivalent) 78 x 98cm :
- Standard rotation : 400-700€
- Confort (store intégré) : 600-1 000€
- Motorisée : 800-1 500€
Exemple concret : maison 4 chambres (10 fenêtres)
Configuration : 8 fenêtres standard 1,20×1,20m + 2 portes-fenêtres 2,15×0,80m
Budget PVC double vitrage :
- 8 fenêtres x 450€ = 3 600€
- 2 portes-fenêtres x 600€ = 1 200€
- Dépose anciennes fenêtres : 800€
- Finitions (habillages, seuils) : 600€
- TOTAL : 6 200€
Avec aides 2026 :
- MaPrimeRénov’ (ménage modeste) : 10 fenêtres x 100€ = -1 000€
- CEE : -500€
- Reste à charge : 4 700€
- Économie chauffage : 250-400€/an → Amortissement en 12-18 ans
Les postes cachés à prévoir
La dépose des anciennes fenêtres : 50-100€ par fenêtre si dépose totale (cadre dormant inclus). Certains poseurs proposent une « pose en rénovation » (on garde l’ancien cadre et on pose par-dessus), c’est moins cher (gratuit ou 20-30€) mais vous perdez 3-5cm de largeur de vitrage.
Les finitions intérieures : Quand on enlève l’ancien cadre, il faut refaire les tableaux (encadrement du mur autour de la fenêtre). Budget : 50-150€ par fenêtre selon état du mur (plâtre, peinture, ou tapisserie à refaire).
Les volets : Si vous changez les fenêtres, pensez aux volets. Volets roulants manuels : 200-400€ par fenêtre. Motorisés : 400-800€. Volets battants alu : 300-600€ la paire.
Les aides 2026 pour changer vos fenêtres
Changer ses fenêtres est éligible à plusieurs aides cumulables, à condition de respecter des critères de performance (Uw ≤ 1,3 pour le double vitrage, Uw ≤ 0,9 pour le triple) et de passer par un artisan RGE.
MaPrimeRénov’ : jusqu’à 100€ par fenêtre
Montants 2026 par fenêtre ou porte-fenêtre :
- Ménages très modestes : 100€
- Ménages modestes : 80€
- Ménages intermédiaires : 40€
- Ménages aisés : 0€
Conditions : Logement >15 ans, artisan RGE obligatoire (vérifier sur france-renov.gouv.fr), fenêtres avec Uw ≤ 1,3 W/m²K et Sw ≥ 0,3, maximum 10 fenêtres financées par logement.
Demande : Sur maprimerenov.gouv.fr AVANT de signer le devis. Réponse sous 15 jours. Prime versée après travaux.
Les CEE : 50-150€ par fenêtre
Les Certificats d’Économies d’Énergie sont proposés par les fournisseurs d’énergie (EDF, Engie, Leclerc, Auchan). Montants variables selon votre zone climatique et vos revenus.
Montants indicatifs 2026 : 50-80€ par fenêtre (revenus classiques), 100-150€ (revenus modestes). Plus d’infos sur economie.gouv.fr.
Comment en profiter : Votre installateur RGE peut gérer la demande et déduire la prime du devis. Sinon, faites la demande vous-même sur les sites des fournisseurs AVANT signature du devis.
TVA à 5,5% : automatique si RGE
Sur un chantier de 6 000€ HT, la TVA à 5,5% au lieu de 20% vous fait économiser ~900€. Appliquée directement par l’artisan RGE sur le devis.
Éco-PTZ : prêt à taux 0% jusqu’à 7 000€
Si vous faites un bouquet de travaux (fenêtres + isolation, ou fenêtres + chauffage), vous pouvez emprunter jusqu’à 50 000€ à taux zéro. Pour les fenêtres seules : 7 000€ maximum. Durée : 15 ans max. Votre banque gère le dossier.
Comment choisir son menuisier RGE
La certification RGE est obligatoire pour les aides, mais comme toujours, tous les artisans RGE ne se valent pas. Voici comment repérer les bons.
Les signes d’un bon menuisier
Il prend les mesures lui-même : Un pro vient sur place, mesure chaque fenêtre (même si elles ont l’air identiques, elles ne le sont jamais parfaitement), vérifie l’état des murs, l’équerrage. Un devis fait « à distance » sur photos, c’est la garantie d’une fenêtre qui ne rentrera pas.
Il propose plusieurs marques : Tryba, K-Line, FenêtréA, Technal, Schüco… Un artisan qui ne propose qu’une seule marque, c’est qu’il a un contrat exclusif (= vous payez sa commission). Un bon menuisier vous donne le choix et explique les différences.
Il détaille la pose : Pose en rénovation (on garde l’ancien dormant) ou pose en neuf (dépose totale) ? Quelle étanchéité (mousse PU, joint EPDM, compribande) ? Qui fait les finitions intérieures ? Tout doit être dans le devis.
Il vous montre ses chantiers : Demandez à voir 2-3 chantiers terminés récemment. Regardez l’étanchéité (aucun jour entre cadre et mur), les finitions (propreté, habillages posés droits), demandez au client son retour d’expérience.
Les arnaques classiques aux fenêtres
Le triple vitrage vendu à prix d’or : « Madame, avec le réchauffement climatique, il FAUT du triple vitrage ». FAUX. En France (sauf montagne), le double vitrage performant suffit dans 95% des cas. Si on vous pousse au triple sans justification climatique, c’est pour gonfler la facture de 30-40%.
La pose bâclée : L’étanchéité est CRUCIALE. Une fenêtre mal posée, c’est des courants d’air, de la condensation, et une isolation nulle. Vérifiez dans le devis : compribande + mousse PU + joint silicone extérieur + habillages. Sans ça, c’est de la merde.
Les « marques maison » douteuses : « On fabrique nous-mêmes, qualité allemande ». Demandez toujours la marque exacte et les certifications (NF, Cekal pour le vitrage, A*E*V* pour l’étanchéité). Si le vendeur refuse ou élude, passez votre chemin.
L’acompte excessif : La loi limite l’acompte à 30%. Un menuisier qui demande 50% ou plus, c’est illégal. Et si l’entreprise fait faillite avant la pose (ça arrive), vous perdez tout.
Lancez votre projet fenêtres maintenant
2026 est une bonne année pour changer vos fenêtres. Les aides sont toujours présentes (MaPrimeRénov’ + CEE), les prix sont stables (pas comme en 2021-2022 où tout avait explosé), et les fabricants ont du stock.
Mais attention : ne vous précipitez pas sur la première offre venue. Demandez 3 devis minimum, comparez les matériaux, les marques, les coefficients Uw, et surtout le type de pose (en rénovation ou en neuf). Et visitez des chantiers terminés avant de signer.
De bonnes fenêtres bien posées, c’est 30-40 ans de tranquillité, 10-15% d’économies de chauffage par an, et une vraie plus-value à la revente. Ça vaut le coup de prendre 2-3 semaines pour faire le bon choix.