Devis cuisine : le guide complet pour réussir votre projet en 2026

Refaire sa cuisine, c’est un peu comme rénover sa vie. On y passe tellement de temps que ça mérite d’être bien fait, avec un budget maîtrisé et sans mauvaise surprise. Le problème ? Entre les cuisinistes qui gonflent leurs tarifs, les artisans débordés qui ne rappellent jamais, et les devis incompréhensibles de 12 pages, on se retrouve vite perdu.

Ce guide va vous éviter les pièges classiques. Pas de bla-bla marketing, juste ce qu’il faut savoir pour obtenir plusieurs devis de qualité, les comparer intelligemment, et choisir le bon professionnel. On va parler prix réels, arnaques à déjouer, et surtout : comment éviter de payer 30% trop cher parce qu’on n’a pas posé les bonnes questions.

Exemple de cuisine moderne équipée avec îlot central

Combien coûte vraiment une cuisine en 2026 ?

Première chose à savoir : le prix d’une cuisine varie du simple au quintuple selon vos choix. Une petite cuisine IKEA posée par vos soins ? Comptez 3 000€. Une cuisine sur-mesure avec îlot central et plan de travail en granit ? On peut grimper à 25 000€ ou plus.

La fourchette « standard » pour une cuisine équipée de taille moyenne (12-15m²) se situe entre 8 000€ et 18 000€ pose comprise. Mais attention, ce chiffre ne veut rien dire tant qu’on ne détaille pas ce qu’il inclut.

Le vrai prix selon votre type de projet

Cuisine entrée de gamme (3 000€ – 7 000€) On parle de meubles en kit des grandes enseignes type Brico Dépôt ou gamme de base chez IKEA. Les façades sont souvent en mélaminé, le plan de travail en stratifié. Si vous êtes bricoleur et que vous posez vous-même, ça peut faire l’affaire. Par contre, comptez au moins 1 500€ supplémentaires si vous faites poser par un professionnel.

Cuisine milieu de gamme (8 000€ – 15 000€) C’est la zone de prix la plus courante. Vous avez accès aux cuisinistes comme Schmidt, Cuisinella, ou Mobalpa. Les matériaux sont corrects (façades laquées ou bois, plan de travail en quartz ou stratifié haute qualité). La pose est généralement comprise, et vous avez un vrai accompagnement dans la conception.

Cuisine haut de gamme (15 000€ – 30 000€+) Là on est sur du sur-mesure avec des fabricants type Bulthaup, Leicht, ou des artisans ébénistes. Les finitions sont irréprochables, les matériaux nobles (bois massif, pierre naturelle). C’est l’option si vous voulez une cuisine qui dure 20 ans et qui fait vraiment la différence visuellement.

Ce qui fait grimper la facture (et ce qui ne sert à rien)

Après avoir épluché des centaines de devis, on remarque toujours les mêmes postes qui explosent les budgets :

L’îlot central : rajoutez 3 000€ à 8 000€ selon la taille et les équipements intégrés (plaques, évier, rangements). C’est sympa mais sincèrement, si vous avez moins de 15m², oubliez, ça bouffe tout l’espace.

Le plan de travail : un quartz coûte 2 à 3 fois plus cher qu’un stratifié, mais il tiendra toute votre vie. Le granit, c’est beau mais cher et poreux (il tache facilement). Le Dekton ou le Céram, c’est la nouvelle mode, comptez 500-700€/m² posé.

L’électroménager : une plaque à induction Bosch ou Siemens coûte 500-800€, une plaque Miele ou Gaggenau peut monter à 2 500€. Honnêtement, la différence ne justifie pas toujours le prix sauf si vous êtes un vrai passionné de cuisine.

Les « options » bidon : méfiez-vous des tiroirs à l’anglaise (joli mais fragile), des meubles d’angle tournants (ça casse souvent), et des poignées de luxe à 150€ la pièce. Ce sont souvent des postes sur lesquels les cuisinistes se rattrapent.

Comment obtenir des devis qui se comparent vraiment

Le piège classique : demander 3 devis et se retrouver avec 3 documents totalement différents. L’un inclut la pose, l’autre pas. L’un compte l’électroménager, l’autre vous propose juste les meubles. Résultat ? Impossible de comparer.

La checklist du devis complet (à exiger)

Un bon devis de cuisine doit obligatoirement mentionner :

Les meubles : nombre, dimensions exactes, matériaux des caissons (particules, MDF ?), finition des façades (mélaminé, stratifié, laque ?). Demandez aussi l’épaisseur des portes et des côtés de caissons. Du 16mm, c’est du bas de gamme, du 19mm c’est mieux.

Le plan de travail : matériau, épaisseur (38mm ou 40mm ?), type de chant (droit, arrondi ?), découpes pour évier et plaques incluses ou en supplément. Petit conseil : faites toujours faire les découpes par le poseur du plan de travail, sinon vous risquez des malfaçons.

La crédence : souvent « oubliée » dans les premiers devis. Précisez si vous la voulez en carrelage (compter 80-150€/m² posé), en verre (150-250€/m²), ou en inox (200€/m²). Sans crédence, votre mur prend l’eau et la graisse direct.

L’électroménager : marques, modèles exacts (pas juste « four encastrable »), garanties. Vérifiez que les dimensions correspondent aux emplacements prévus. Un four Pyrolyse Bosch Série 6 ne coûte pas le même prix qu’un four catalyse Beko.

La plomberie et l’électricité : déplacement des arrivées d’eau, création de nouvelles prises, déplacement du gaz si besoin. C’est souvent là que des coûts cachés apparaissent après. Demandez explicitement « combien coûte le déplacement de l’évier de 2 mètres ? ».

La pose : nombre de jours prévus, nombre de personnes, évacuation des gravats incluse ou non, protection du sol et des autres pièces. Un poseur sérieux prend minimum 3-4 jours pour une cuisine standard, méfiez-vous de celui qui promet « 2 jours chrono ».

Les garanties : garantie fabricant (2 ans minimum), garantie pose (souvent 1 an), garantie décennale pour les travaux structurels (obligatoire si déplacement de cloisons).

Les questions à poser avant de signer

Ne signez JAMAIS un devis le jour de la première visite, même si le commercial vous dit « cette promo se termine ce soir ». C’est du flan. Prenez le temps de vérifier ces points :

Quel est le délai de livraison réel ? Les cuisinistes annoncent 6-8 semaines, mais entre les ruptures de stock et les retards de production, comptez plutôt 10-12 semaines. Demandez ce qui se passe si le délai n’est pas respecté (pénalités ?).

Qui fait la pose ? Employé du cuisiniste ou sous-traitant ? Le sous-traitant n’est pas forcément mauvais, mais renseignez-vous sur qui vous appelleriez en cas de problème après pose.

Qu’est-ce qui n’est PAS compris dans le devis ? C’est la question magique. Souvent, les finitions (plinthes, corniches), la dépose de l’ancienne cuisine, les branchements électro, ou même les poignées sont en supplément.

Peut-on voir des réalisations concrètes ? Un cuisiniste sérieux vous montrera des photos de vraies cuisines installées (pas juste les catalogues 3D). Demandez même à visiter un chantier en cours si possible.

Comment se passe le SAV ? Si une porte se décolle après 6 mois, qui vous enverra quelqu’un ? En combien de temps ? C’est rarement dans le devis mais ça devrait.

devis cuisine

Les pièges à éviter (ceux qu’on voit tout le temps)

Le « syndrome du 3D parfait »

Les logiciels 3D des cuisinistes rendent des images magnifiques. Lumière parfaite, couleurs éclatantes, espace qui paraît immense. La réalité est toujours un cran en dessous. Les teintes de laque sont différentes à la lumière naturelle, les meubles paraissent plus imposants dans votre vraie cuisine de 10m², et la hotte XXL qui fait son effet en 3D bouffe toute la hauteur en vrai.

Conseil : demandez toujours à voir un showroom avec les matériaux réels que vous allez choisir. Touchez les façades, regardez-les sous différents éclairages. Les couleurs mates montrent toutes les traces de doigts, par exemple.

L’illusion du « tout compris »

Un devis à 12 000€ « tout compris » qui se transforme en 16 000€ à l’arrivée, c’est un classique. Les ajouts les plus fréquents :

  • « Ah, votre mur n’est pas droit, il faut refaire l’enduit » : +600€
  • « Votre arrivée d’eau est en cuivre ancien, il faut tout changer » : +450€
  • « Les meubles standards ne rentrent pas à cause de votre tuyau de chauffage, on doit faire du sur-mesure » : +1 200€

Pour éviter ça : faites venir le cuisiniste (ou l’artisan) pour une visite technique AVANT de signer. Un pro expérimenté repère ces problèmes dès le premier passage.

Le paiement en plusieurs fois « sans frais »

Méfiez-vous des offres type « 12 fois sans frais » proposées directement par le cuisiniste. Souvent, le prix global est gonflé de 10-15% pour compenser. Si vous avez la trésorerie, payez comptant et négociez 5-7% de remise. Sinon, passez par votre banque pour un crédit conso classique, les taux sont souvent meilleurs.

La « remise exceptionnelle » du premier rendez-vous

« Signez aujourd’hui et je vous fais -20% ». C’est une technique de vente agressive. La « remise » est généralement bidon, le prix de base étant volontairement gonflé. Réponse type : « Je vais comparer avec d’autres devis, si votre offre est bonne, elle le sera encore dans 10 jours ».

Quel type d’artisan choisir selon votre projet

Le cuisiniste franchisé (Schmidt, Cuisinella, Mobalpa…)

Les plus : Showrooms partout, large choix de modèles, financement intégré, SAV structuré. Vous avez affaire à une marque connue, c’est rassurant.

Les moins : Marges importantes (comptez 40-60% sur les meubles), peu de souplesse sur les prix, qualité variable selon les franchisés. Les modèles sont standardisés, difficile d’avoir du vraiment sur-mesure.

Pour qui ? Projet classique, budget 10 000-20 000€, vous voulez de la sécurité et un interlocuteur unique qui gère tout.

Le cuisiniste indépendant local

Les plus : Plus flexible sur les prix (marges plus faibles), peut adapter les plans, relation directe avec le patron. Souvent un meilleur rapport qualité/prix que les franchises.

Les moins : Choix de modèles limité, vous dépendez d’un seul fabricant, SAV moins structuré si l’entreprise ferme ou a des problèmes.

Pour qui ? Budget 8 000-15 000€, vous voulez du conseil personnalisé et négocier, vous acceptez de prendre un léger risque sur la pérennité de l’entreprise.

Le duo menuisier + plombier/électricien

Les plus : Le moins cher si vous achetez vos meubles en kit (IKEA, Leroy Merlin) et que vous faites juste poser. Un bon menuisier peut aussi vous faire du vrai sur-mesure pour moins cher qu’un cuisiniste.

Les moins : Vous devez coordonner les corps de métier vous-même, gérer la conception seul, acheter l’électroménager à part. Plus de risques de malfaçons si les artisans ne se connaissent pas.

Pour qui ? Petit budget (<8 000€) ou au contraire projet haut de gamme très personnalisé (>25 000€), vous êtes à l’aise pour gérer un chantier.

L’architecte d’intérieur

Les plus : Conception globale de l’espace, conseil sur l’agencement optimal, coordination de tous les artisans, suivi de chantier. Idéal pour les cuisines ouvertes qui impactent tout le séjour.

Les moins : Coût supplémentaire (8-15% du budget travaux), délais plus longs, pas adapté aux petits budgets.

Pour qui ? Projet d’envergure (rénovation complète, ouverture de murs, cuisine ouverte sur mesure), budget >20 000€.

devis cuisine

Les questions qu’on nous pose tout le temps

Faut-il inclure l’électroménager dans le devis cuisine ou acheter à part ?

Ça dépend. Les cuisinistes ont des marges importantes sur l’électro (20-40%). Par contre, ils gèrent les dimensions, la compatibilité, et l’installation. Si vous achetez à part (sur des sites type Cdiscount, Boulanger), vous économisez 500-1500€ mais vous devez vérifier vous-même que tout rentre. Conseil : achetez les gros éléments (four, plaques, frigo) avec le cuisiniste pour la tranquillité, et les petits (hotte, lave-vaisselle) à part si vous trouvez mieux.

Peut-on négocier un devis de cuisine ?

Oui, et vous devriez toujours essayer. Sur un devis de 12 000€, obtenir 1 000€ de remise est réaliste (8%). Les leviers : « J’ai un devis concurrent à 10 500€, vous pouvez vous aligner ? », « Si je paye comptant, vous me faites quel prix ? », « Et si je retire l’électroménager du devis ? ». Évitez de négocier sur la pose (les artisans sont déjà payés au lance-pierre), négociez sur les meubles et les options.

Combien de temps prend la pose d’une cuisine ?

Pour une cuisine standard (8-12m²) sans gros travaux : comptez 3 à 5 jours. Jour 1 : dépose de l’ancienne cuisine, éventuels travaux d’électricité/plomberie. Jours 2-3 : pose des meubles, plan de travail. Jour 4 : crédence, électroménager, finitions. Jour 5 : réglages, nettoyage. Méfiez-vous de celui qui promet « 2 jours », c’est rarement du travail soigné.

Vaut-il mieux rénover ou refaire entièrement ?

Si vos meubles ont moins de 15 ans et qu’ils sont en bon état, vous pouvez juste changer les façades, le plan de travail et la crédence. Coût : 3 000-5 000€ vs 10 000€ pour tout refaire. Par contre, si les caissons sont abîmés, que l’agencement ne vous convient plus, ou que la plomberie est vieillissante, autant tout refaire proprement.

Quelle TVA s’applique sur une cuisine ?

C’est compliqué. Si votre logement a plus de 2 ans ET que vous faites poser par un professionnel, vous pouvez bénéficier du taux réduit de 10% (au lieu de 20%) sur la main d’œuvre ET les fournitures. Mais seulement si le professionnel fournit les matériaux. Si vous achetez vous-même les meubles, vous payez 20%. Autre subtilité : l’électroménager est toujours à 20% car ce ne sont pas des « éléments fixés au bâtiment ».

Faut-il un permis de construire pour refaire sa cuisine ?

Non, sauf si vous touchez à la structure (abattre un mur porteur, créer une ouverture). Par contre, si vous habitez en copropriété, vérifiez le règlement : certaines imposent des horaires de travaux, d’autres interdisent de déplacer les arrivées d’eau. En maison, vous êtes libre, mais si vous déplacez le compteur électrique ou la chaudière, il faut prévenir Enedis ou votre fournisseur gaz.

Comment vérifier qu’un artisan est sérieux

On ne le dira jamais assez : vérifier les qualifications d’un artisan prend 10 minutes et peut vous éviter des milliers d’euros de galères.

Le numéro SIRET : tapez-le sur societe.com pour vérifier que l’entreprise existe, depuis quand, et si elle n’a pas de procédure collective en cours. Méfiez-vous des entreprises créées il y a moins d’un an (risque de disparition après le chantier).

Les assurances : exigez TOUJOURS une attestation d’assurance décennale en cours de validité. C’est obligatoire pour tous travaux structurels. L’assurance responsabilité civile professionnelle est aussi indispensable. Si un artisan refuse de vous fournir ces documents, fuyez.

Les labels de qualité : RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) pour les travaux d’économie d’énergie, Qualibat pour les artisans du bâtiment. Ce ne sont pas des garanties absolues, mais ça filtre déjà les bricoleurs du dimanche.

Les avis en ligne : consultez Google, Trustpilot, ou les Pages Jaunes. Regardez surtout les avis négatifs et comment l’entreprise y répond. Pas de réponse = mauvais signe. Réponses agressives = fuyez. Réponses constructives = bon point.

Le bouche-à-oreille : demandez à vos voisins, collègues, amis qui ont fait des travaux récemment. Un artisan recommandé par 3 personnes que vous connaissez vaut mieux que 50 avis Google (qui peuvent être faux).

devis cuisine

Trois conseils de pro pour économiser sans rogner sur la qualité

1. Gardez l’implantation existante si possible

Déplacer l’évier ou les plaques de cuisson coûte cher (plomberie, électricité, peut-être refaire un bout de chape). Si votre cuisine actuelle est bien agencée, gardez les mêmes emplacements et changez juste les meubles. Vous économisez facilement 1 500-2 500€.

2. Mixez du standard et du sur-mesure

Vous voulez un îlot central mais votre budget est serré ? Faites les meubles muraux en standard (chez un cuisiniste classique) et faites faire l’îlot par un menuisier local. Vous aurez du sur-mesure pour la pièce maîtresse à un prix raisonnable.

3. Négociez les « fins de série »

Les cuisinistes renouvellent leurs collections tous les 2-3 ans. En fin de cycle (souvent en septembre-octobre), ils bradent les expositions et les derniers stocks. Vous pouvez obtenir 30-40% de remise sur une cuisine d’expo en parfait état. Le seul bémoin : il faut que les dimensions correspondent à votre espace.

Prochaine étape : obtenez vos devis

Maintenant que vous savez ce que doit contenir un bon devis, ce qu’il faut négocier, et comment éviter les pièges, il est temps de passer à l’action.

Demandez au moins 3 devis pour comparer sérieusement. Pas 2 (pas assez de recul), pas 5 (vous allez vous perdre). Trois, c’est le chiffre idéal pour avoir un panel représentatif sans vous noyer dans les rendez-vous.

Prenez le temps de bien préparer votre projet avant de contacter les professionnels : mesurez précisément votre cuisine, listez vos besoins (nombre de personnes, habitudes de cuisine, rangements nécessaires), et définissez votre budget max. Un projet bien défini, c’est 50% du succès.

Et surtout : ne vous précipitez pas. Une cuisine, vous allez vivre avec pendant 10-15 ans minimum. Autant prendre 2-3 semaines pour bien choisir plutôt que de regretter pendant une décennie.