Si vous en avez marre de flamber 2 000€ par an en chauffage avec votre vieille chaudière gaz ou fioul, la pompe à chaleur est LA solution. Sérieusement. On parle d’une technologie qui divise votre facture par 3 ou 4, tout en vous donnant la clim’ gratuitement l’été (pour certains modèles). Et cerise sur le gâteau : l’État finance jusqu’à 5000€ de votre installation en 2026.
Mais attention, une pompe à chaleur, ce n’est pas un radiateur électrique qu’on branche et c’est parti. Il y a des choix techniques à faire (air/air ou air/eau ?), des dimensionnements à respecter, et surtout : il faut impérativement passer par un installateur certifié RGE QualiPAC, sinon vous ne toucherez aucune aide. Et une PAC mal installée, c’est une facture d’électricité qui explose et un confort zéro.
Ce guide va vous expliquer les différences entre une PAC air/air (= climatisation réversible) et une PAC air/eau (= remplace votre chaudière), combien ça coûte vraiment, quelles aides vous pouvez obtenir, et comment choisir le bon installateur. Parce qu’avec les bons choix, une pompe à chaleur se rembourse en 5-7 ans maximum.
Pompe à chaleur air/air vs air/eau : laquelle choisir ?
C’est LA question que tout le monde se pose. Et la réponse dépend de votre situation actuelle et de vos besoins.
PAC air/air : la climatisation réversible qui chauffe aussi
Une pompe à chaleur air/air, c’est en fait une climatisation réversible. Elle capte les calories dans l’air extérieur et les diffuse via des unités intérieures (splits) fixées aux murs de vos pièces. L’été, elle inverse le cycle et devient une clim’ classique.
Avantages : Installation rapide (1-2 jours), pas besoin de toucher au système de chauffage existant, prix d’achat plus accessible (6 000-12 000€ pour une maison), clim’ incluse l’été, parfait en rénovation quand vous n’avez pas de radiateurs à eau.
Inconvénients : Pas d’eau chaude sanitaire (il faut garder votre ballon électrique ou ajouter un chauffe-eau thermodynamique), moins d’aides de l’État (pas de MaPrimeRénov’ pour l’air/air), performances limitées quand il fait très froid (<-7°C), unités intérieures visibles sur les murs.
Prix moyen 2026 : 6 000-12 000€ selon le nombre de splits (compter 1 500-2 000€ par pièce à équiper). Pour une maison de 100m² avec 4 splits, budget 8 000-10 000€ pose comprise. Aides limitées : CEE uniquement (500-1 000€ selon revenus).
Pour qui ? Maison sans radiateurs à eau, besoin de clim’ l’été, climat doux (sud de la France), budget serré, rénovation légère sans gros travaux.
PAC air/eau : le vrai remplacement de chaudière
Une pompe à chaleur air/eau remplace carrément votre chaudière. Elle produit de l’eau chaude qui circule dans vos radiateurs (ou plancher chauffant) existants. Elle peut aussi produire votre eau chaude sanitaire (douche, cuisine) si vous prenez un modèle avec ballon intégré ou un système split.
Avantages : Aides massives de l’État (jusqu’à 5 000€ via MaPrimeRénov’), eau chaude sanitaire incluse, compatible avec vos radiateurs existants (si basse température), performances excellentes même par grand froid (avec les modèles récents), une seule installation = chauffage + ECS.
Inconvénients : Prix d’achat plus élevé (12 000-20 000€), installation plus complexe (3-5 jours), nécessite des radiateurs basse température ou un plancher chauffant (sinon il faut les changer), pas de clim’ l’été (sauf modèles réversibles rares et chers), encombrement extérieur (groupe extérieur volumineux).
Prix moyen 2026 : 12 000-18 000€ pour une PAC air/eau seule, 15 000-20 000€ avec ballon ECS intégré. Pour une maison de 100m², budget 14 000-16 000€ en moyenne. MAIS avec les aides (MaPrimeRénov’ + CEE + TVA 5,5%), le reste à charge descend à 7 000-10 000€.
Pour qui ? Remplacement d’une vieille chaudière (gaz, fioul, électrique), maison avec radiateurs à eau ou plancher chauffant, climat froid (nord, montagne), recherche d’aides maximales, projet de rénovation énergétique global.
Les vrais prix d’une pompe à chaleur en 2026
Le prix d’une PAC dépend de 5 facteurs principaux : le type (air/air ou air/eau), la puissance nécessaire (calculée selon la surface et l’isolation de votre maison), la marque, les options (ballon ECS, pilotage connecté), et la complexité de l’installation.
PAC air/air : prix détaillé par configuration
Mono-split (1 pièce) : 1 500-3 000€ pose comprise. C’est l’option pour climatiser/chauffer juste une pièce (chambre, salon). Marques : Daikin, Mitsubishi, Atlantic.
Bi-split (2 pièces) : 3 000-5 000€. Un groupe extérieur alimente 2 unités intérieures. Attention, les 2 pièces doivent être proches (max 10m de distance entre elles).
Multi-split (3-5 pièces) : 6 000-12 000€. Un seul groupe extérieur, plusieurs unités intérieures. Pour une maison complète de 100m² avec 4 pièces à équiper, comptez 8 000-10 000€.
Gainable (intégré dans faux-plafond) : 10 000-15 000€. Plus esthétique (pas de splits visibles), mais nécessite des faux-plafonds et des gaines. Réservé aux constructions neuves ou rénovations lourdes.
PAC air/eau : prix selon puissance et options
PAC 6-8 kW (maison 80-100m²) : 10 000-14 000€ hors ballon. Pour une maison bien isolée (post-2000) de 80-100m². Marques : Daikin Altherma, Atlantic Alféa, De Dietrich Alezio.
PAC 10-12 kW (maison 100-150m²) : 12 000-16 000€ hors ballon. Pour une maison moyennement isolée de 100-150m². C’est la taille la plus courante.
PAC 14-16 kW (maison >150m²) : 15 000-20 000€ hors ballon. Pour grandes maisons ou maisons mal isolées.
Ballon ECS (eau chaude sanitaire) : +2 000-4 000€. Capacité 200-300L selon taille du foyer. Certains modèles de PAC l’intègrent directement (= PAC « tout-en-un »).
Options : Pilotage connecté (+300-500€), sonde extérieure pour régulation optimale (+150-300€, souvent inclus), kit de relève (chaudière d’appoint pour grand froid, +500-1 000€).
Ce qui fait varier le prix (et ce qui ne sert à rien)
La marque : Une Daikin ou Mitsubishi coûte 20-30% plus cher qu’une Atlantic ou De Dietrich, mais la fiabilité est supérieure (moins de pannes). Pour une PAC que vous allez garder 15-20 ans, ça vaut le coup d’investir dans du japonais ou de l’allemand haut de gamme.
La technologie Inverter : Aujourd’hui, quasiment toutes les PAC sont Inverter (elles modulent leur puissance au lieu de s’arrêter/redémarrer). C’est devenu un standard, pas une option premium. Méfiez-vous d’un installateur qui vous vend ça comme un « plus ».
Le COP (Coefficient de Performance) : Un COP de 4 signifie que pour 1 kWh électrique consommé, la PAC produit 4 kWh de chaleur. Les PAC récentes affichent des COP de 4 à 5. Au-delà, c’est du marketing. Méfiez-vous des « COP de 7 » annoncés : c’est mesuré dans des conditions optimales (+7°C extérieur) qui n’existent jamais en hiver.
Le niveau sonore : Une PAC fait du bruit (40-55 dB). Ça ressemble à un frigo. Si vous installez le groupe extérieur près d’une chambre ou chez le voisin collé, prenez un modèle silencieux (<45 dB). Ça coûte 500-1 000€ de plus mais ça évite les conflits.
Les aides 2026 : jusqu’à 5 000€ de financement
C’est l’un des rares chantiers où l’État met vraiment les moyens. Entre MaPrimeRénov’, les CEE, la TVA réduite et l’éco-PTZ, vous pouvez financer 40-60% de votre PAC air/eau.
MaPrimeRénov’ : l’aide principale (PAC air/eau uniquement)
Montants 2026 selon revenus :
- Ménages très modestes : 5 000€
- Ménages modestes : 4 000€
- Ménages intermédiaires : 3 000€
- Ménages aisés : 0€
Conditions : Logement >15 ans, artisan certifié RGE QualiPAC, COP ≥ 2,4 (toutes les PAC récentes le respectent), dépose obligatoire de l’ancienne chaudière fioul/gaz (bonus +1 000€ si dépose chaudière fioul).
Comment demander : Sur maprimerenov.gouv.fr avec FranceConnect, AVANT de signer le devis. Réponse sous 15 jours. Prime versée après travaux sur présentation de la facture.
Les CEE : cumulables avec MaPrimeRénov’
Montants indicatifs 2026 : PAC air/eau : 2 500-4 000€ selon zone climatique et revenus. PAC air/air : 500-1 000€ (beaucoup moins car considérée comme « clim' » par l’État).
Comment en profiter : Votre installateur RGE gère tout et déduit directement la prime du devis. Sinon, demande sur les sites des fournisseurs (EDF, Engie, Total, Leclerc, Auchan).
Astuce : Comparez les offres CEE entre fournisseurs. Certains proposent 500€ de plus que d’autres pour la même installation. Utilisez un comparateur comme celui du gouvernement.
TVA à 5,5% : automatique si RGE
Sur un chantier à 15 000€ HT, la TVA à 5,5% au lieu de 20% vous fait économiser ~2 000€. C’est l’installateur qui applique directement le bon taux. Vérifiez juste que c’est bien marqué sur le devis.
Éco-PTZ : prêt à taux 0% pour le reste à charge
Si après les aides il vous reste 5 000-10 000€ à payer, vous pouvez emprunter à taux zéro (l’État paie les intérêts). Jusqu’à 50 000€ sur 20 ans. Votre banque vous fait le dossier (durée : 2-3 semaines).
Exemple concret maison 120m² :
- PAC air/eau 12 kW + ballon 250L = 16 000€ HT → 16 880€ TTC (TVA 5,5%)
- MaPrimeRénov’ (ménage modeste) : -4 000€
- CEE : -3 000€
- Reste à charge : 9 880€ → Finançable par éco-PTZ à 0% sur 10 ans = 82€/mois
- Économie chauffage : 1 200€/an → Amortissement en 8 ans, puis 1 200€/an d’économies nettes pendant 12 ans minimum.
Comment choisir son installateur QualiPAC
La certification RGE QualiPAC est obligatoire pour toucher les aides. Mais comme pour les artisans RGE en isolation, tous ne se valent pas.
Vérifier la certification QualiPAC (en 2 minutes)
Ne vous fiez JAMAIS au logo sur la carte de visite. Allez sur france-renov.gouv.fr/annuaire-rge, entrez le SIRET de l’installateur, et vérifiez que la qualification QualiPAC est valide (expire tous les 4 ans) et couvre bien le type de PAC que vous voulez (air/air ou air/eau).
Les signes d’un bon installateur PAC
Il fait une étude thermique : Un pro calcule la puissance nécessaire selon votre isolation, surface, altitude, température extérieure de base. Il ne vous vend pas « une 12 kW parce que c’est standard ». Une PAC surdimensionnée consomme plus et use prématurément. Une sous-dimensionnée ne chauffe pas assez.
Il vérifie la compatibilité radiateurs : Une PAC air/eau fonctionne avec de l’eau à 35-55°C (basse température). Vos vieux radiateurs fonte fonctionnent à 70-90°C (haute température). Si l’installateur ne vérifie pas, vous allez avoir froid l’hiver. Solution : changer les radiateurs ou surdimensionner les existants.
Il propose une visite technique : Où placer le groupe extérieur ? (pas sous une chambre à cause du bruit, pas trop loin de la chaufferie pour limiter les pertes). Où passer les tuyaux ? Est-ce qu’il faut renforcer l’électricité (une PAC tire 3-5 kW, vérifiez que votre compteur/disjoncteur supporte) ?
Il gère le dossier MaPrimeRénov’ : Un installateur habitué fait tout : simulation, dépôt, attestation de fin de travaux. Si vous devez tout gérer seul, c’est qu’il n’a pas l’habitude (= risque d’erreur = aide refusée).
Les arnaques classiques aux pompes à chaleur
Le démarchage téléphonique « PAC à 1€ » : « Bonjour, vous êtes éligible à une pompe à chaleur à 1€ grâce aux aides de l’État ». FAUX. Depuis 2021, ce dispositif n’existe plus. Ces sociétés installent du low-cost chinois, encaissent les primes, et disparaissent au premier SAV.
La PAC surdimensionnée : L’installateur vous vend une 16 kW « au cas où » alors qu’une 10 kW suffit. Résultat : surcoût de 3 000-4 000€, surconsommation électrique (la PAC tourne en sous-régime permanent), et usure prématurée du compresseur.
L’oubli du ballon tampon : Pour une PAC air/eau sur radiateurs, un ballon tampon (200-300L) est souvent nécessaire pour éviter les démarrages/arrêts fréquents du compresseur. Un installateur qui zappe ça pour économiser 800-1 000€, c’est une PAC qui va casser en 5 ans au lieu de 15.
Le non-respect des distances : Le groupe extérieur doit être à minimum 3m d’une fenêtre de chambre (bruit), protégé du vent dominant (givrage), et accessible pour l’entretien. Un installateur qui le colle contre le mur sous votre chambre parce que « c’est plus pratique pour lui », ça va mal finir.
PAC air/air vs climatisation : c’est la même chose ?
Oui et non. Techniquement, une PAC air/air et une climatisation réversible, c’est exactement la même machine. La différence, c’est surtout marketing et réglementaire.
Climatisation : On parle de « climatisation » quand l’usage principal est le refroidissement l’été. Installation souvent basique (1-2 splits), peu d’optimisation pour l’hiver. Prix : 1 500-4 000€.
PAC air/air : On parle de « PAC air/air » quand l’usage principal est le chauffage l’hiver (avec bonus clim’ l’été). Installation multi-split (3-5 pièces), dimensionnement optimisé pour l’hiver, parfois ajout d’un appoint électrique pour les grands froids. Prix : 6 000-12 000€.
En pratique : Si vous cherchez juste à climatiser votre salon l’été, prenez une « clim’ réversible » basique chez Daikin/Mitsubishi (1 500-2 500€). Si vous voulez chauffer toute la maison l’hiver avec la clim’ l’été en bonus, prenez une « PAC air/air » multi-split (8 000-10 000€).
Lancez votre projet PAC maintenant
2026 est l’année parfaite pour installer une pompe à chaleur. Les aides sont au maximum (MaPrimeRénov’ + CEE cumulables), les chaudières gaz neuves seront interdites dès 2026-2028 selon les régions, et les prix de l’électricité sont encore maîtrisés (comparé au gaz qui a explosé).
Mais attention : une PAC, c’est un investissement sur 15-20 ans. Prenez le temps de comparer 3 devis d’installateurs certifiés QualiPAC, vérifiez le dimensionnement proposé, et surtout : ne signez JAMAIS le jour de la première visite, même si on vous dit « cette promo se termine demain ».
Une PAC bien dimensionnée et bien installée divise votre facture de chauffage par 3 ou 4. Soit 1 000-1 500€ d’économies par an. Sur 15 ans, c’est 15 000-20 000€ dans votre poche. Ça vaut le coup de prendre quelques semaines pour faire le bon choix.