Refaire sa salle de bain, c’est souvent le projet qu’on repousse pendant des années. Entre la peur des travaux (l’eau, l’humidité, tout ce qui peut mal tourner), les budgets qui explosent, et les artisans qui disparaissent en plein chantier, on comprend pourquoi. Pourtant, une salle de bain vieillissante ou mal conçue, c’est un calvaire quotidien.
Ce guide va vous donner les clés pour obtenir des devis sérieux, comparer ce qui est vraiment comparable, et éviter les pièges classiques qui font grimper la facture de 40%. On va parler chiffres réels, normes à respecter (oui, il y en a beaucoup), et surtout comment repérer un artisan compétent d’un bricoleur du dimanche. Parce qu’une fuite sous la douche 6 mois après les travaux, personne n’en veut.
Les vrais prix d’une rénovation de salle de bain en 2026
Première vérité qui dérange : une salle de bain coûte plus cher au m² qu’une cuisine. Pourquoi ? Parce que c’est techniquement plus complexe. Il faut gérer l’étanchéité, les normes électriques strictes (pièce humide = danger), la plomberie (évacuation, arrivées d’eau), la ventilation obligatoire, et les finitions qui doivent résister à l’eau en permanence.
Pour une salle de bain standard de 5-6m², comptez entre 5 000€ et 15 000€ tout compris. Mais comme toujours, ce chiffre ne veut rien dire sans détailler ce qu’il inclut.
Budget selon l’ampleur de votre projet
Rénovation légère (2 500€ – 5 000€) Vous gardez l’implantation existante et changez juste les revêtements. Nouveau carrelage mural et au sol, nouvelle faïence, changement de la baignoire ou de la douche, robinetterie neuve. Les arrivées d’eau et l’électricité restent en place. C’est l’option « rafraîchissement » qui redonne un coup de jeune sans tout casser.
Rénovation standard (5 000€ – 10 000€) La formule la plus courante. Vous déposez tout, refaites l’étanchéité, changez le carrelage, installez une douche italienne ou une baignoire, nouveau meuble vasque, WC suspendu, éclairages LED. La plomberie est rénovée partiellement (quelques déplacements), l’électricité mise aux normes. C’est une vraie transformation.
Rénovation complète (10 000€ – 20 000€) Vous réagencez totalement l’espace. Déplacement des cloisons (parfois), création d’une douche à l’italienne sur-mesure avec receveur extra-plat, double vasque, WC suspendu avec bâti-support, chauffage au sol, VMC double flux. Les finitions sont premium (faïence grand format, robinetterie haut de gamme). C’est l’option « on fait une fois, on fait bien ».
Salle de bain PMR – Personnes à Mobilité Réduite (8 000€ – 18 000€) Adaptation spécifique : douche plain-pied avec siège rabattable, barres d’appui, WC rehaussé, vasque accessible, sol antidérapant, porte élargie. Les normes sont strictes mais vous pouvez bénéficier d’aides (PCH, Action Logement, crédit d’impôt jusqu’à 5 000€).
Ce qui plombe vraiment le budget (et pourquoi)
La douche à l’italienne : entre 1 500€ et 4 500€ selon la complexité. Si vous avez un plancher bois, c’est la galère (renfort structure, étanchéité renforcée). Si le sol doit être rabaissé (chape), ajoutez 1 000-1 500€. Les receveurs extra-plats de qualité (Wedi, Jackoboard) coûtent 600-1 200€ pièce mais garantissent zéro fuite pendant 20 ans.
Le carrelage haut de gamme : un carrelage entrée de gamme coûte 15-25€/m² (hors pose), du milieu de gamme 30-60€/m², du premium (grès cérame grand format, imitation marbre) 80-150€/m². Mais ce n’est rien comparé à la pose : un bon carreleur prend 40-60€/m² pour du format standard, 60-100€/m² pour du grand format (120x60cm). Pourquoi ? Parce que ça demande une vraie expertise pour éviter les décalages.
La mise aux normes électriques : une salle de bain mal câblée, c’est mortel (littéralement). Il faut respecter les volumes de sécurité (0, 1, 2 autour de la douche/baignoire), utiliser du matériel IP44 minimum, installer un différentiel 30mA. Si votre installation date d’avant 1990, prévoyez 800-1 500€ de remise aux normes complète.
L’extraction/ventilation : obligatoire depuis 1982 pour les salles de bain sans fenêtre. Une VMC simple flux coûte 300-600€ posée, une VMC hygroréglable (qui s’adapte à l’humidité) 600-1 200€. Ne faites JAMAIS l’impasse, sinon bonjour moisissures et champignons en 6 mois.
Comment lire un devis de salle de bain sans se faire avoir
Un devis de salle de bain doit être ultra-détaillé. Si on vous donne un papier avec juste « rénovation salle de bain : 8 500€ », fuyez. Voici ce qui DOIT apparaître.
Le détail impératif des travaux
Démolition et évacuation : dépose baignoire/douche, démontage meubles, dépose carrelage mur et sol, évacuation gravats. Vérifiez si l’évacuation en déchetterie est comprise ou facturée en supplément (150-300€). Certains artisans laissent une benne dans votre jardin et c’est à vous de gérer.
Plomberie : déplacement/création arrivées eau froide et chaude, modification évacuations, pose robinetterie (douche, lavabo, WC), raccordement sanitaires, test étanchéité. Demandez explicitement : « Si je veux déplacer la douche de 1,5m, ça coûte combien en plus ? » Souvent, c’est là que des centaines d’euros s’ajoutent après coup.
Électricité : création/déplacement prises et interrupteurs (respect des volumes), pose éclairages (miroir, plafond, spots), tableau électrique aux normes, liaison équipotentielle (obligatoire dans les pièces d’eau). Un électricien sérieux vous fournira un schéma de conformité.
Étanchéité : c’est LE poste critique. Pose d’un système d’étanchéité liquide (SEL) ou de plaques étanches (Wedi, Kerdi) sur les murs de douche, sol, receveur. Vérifiez le type de produit utilisé : du simple primaire d’accrochage ne suffit PAS. Il faut une vraie membrane d’étanchéité certifiée (CSTB ou équivalent).
Carrelage : surface en m², type de carrelage (référence exacte, pas juste « carrelage blanc »), format, qualité de pose (joint normal ou joint fin ?), plinthe ou pas. Posez la question : « Les découpes autour des prises et tuyaux sont comprises ? » Parfois c’est facturé en extra.
Sanitaires : modèles précis avec références fabricant. « Baignoire acrylique 170×70 » ne suffit pas. Il faut la marque (Allibert, Jacob Delafon, Ideal Standard), le modèle, la couleur. Pareil pour le WC (suspendu ou au sol ?), le bâti-support si WC suspendu (Geberit coûte plus cher mais ne tombe jamais en panne).
Menuiserie : meuble sous-vasque (avec ou sans plan de travail ?), miroir (simple ou avec rangement ?), éventuels placards muraux. Précisez les dimensions et matériaux (MDF hydrofuge minimum pour une salle de bain, l’aggloméré standard gonfle avec l’humidité).
Peinture : si vous ne carrelez pas jusqu’au plafond (erreur classique), il faut peindre. Exigez une peinture spéciale pièces humides (acrylique anti-moisissure). Deux couches minimum. Le plafond aussi, sinon il va jaunir/moisir.
Les normes à vérifier absolument
Ne partez JAMAIS du principe que l’artisan connaît les normes. Vous devez vérifier vous-même.
NF C 15-100 pour l’électricité : c’est la bible. Elle impose notamment :
- Pas de prise dans un rayon de 60cm autour de la baignoire/douche (volume 1)
- Éclairages dans la douche = classe II minimum (double isolation)
- Interrupteurs/prises = IP44 (protégés contre les projections d’eau)
- Liaison équipotentielle = tous les éléments métalliques reliés à la terre
DTU 60.11 pour la plomberie : règles de pose des évacuations (pente minimale 2cm/mètre), diamètres des tuyaux, fixations.
Norme NF DTU 43.1 pour l’étanchéité des salles de bain : c’est récent (2018) et beaucoup d’artisans « old school » ne la connaissent pas. Elle impose une étanchéité en deux couches minimum pour les douches à l’italienne. Si votre artisan dit « bah non une couche suffit », c’est qu’il est pas à jour.
Ventilation réglementaire : débit minimum 15 m³/h en permanence, ou 30 m³/h en pointe. Sans ça, vous ne respectez pas le règlement sanitaire.
Les 5 pièges qui font exploser les devis (et comment les éviter)
Piège n°1 : L’étanchéité bâclée
C’est la catastrophe la plus fréquente. Vous faites refaire votre salle de bain, tout est beau, et 8 mois après : tache au plafond de l’étage en dessous, parquet qui gondole, facture de réparation 5 000€.
Comment ça arrive ? Artisan qui pose juste un primaire d’accrochage au lieu d’une vraie membrane, joints de carrelage mal faits (pas de joint au silicone dans les angles), pas de bande d’étanchéité aux raccords mur/sol.
Comment l’éviter ? Exigez dans le devis : « Système d’étanchéité liquide (SEL) conforme NF DTU 43.1 » OU « Plaques étanches prêtes à carreler (marque + référence) ». Demandez des photos du chantier AVANT la pose du carrelage pour vérifier que l’étanchéité est bien faite.
Piège n°2 : Le « on verra sur place »
Vous signez un devis à 7 000€, et une fois le chantier commencé : « Ah bah en fait votre évacuation est bouchée, il faut tout refaire : +1 200€ », « Votre mur est pas droit, on doit le redresser : +600€ », « La chape existante est pourrie, il faut la refaire : +900€ ».
Résultat : 7 000€ deviennent 9 700€ et vous ne pouvez rien dire parce que « c’était caché, on pouvait pas deviner ».
Comment l’éviter ? Avant de signer, exigez une visite technique approfondie. L’artisan doit :
- Ouvrir un bout de carrelage pour voir l’état de la chape
- Vérifier les évacuations (mettre de l’eau, regarder si ça s’écoule bien)
- Taper sur les murs (si ça sonne creux = faïence décollée = à refaire)
- Tester les arrivées d’eau (fuites ? pression correcte ?)
Et vous devez avoir dans le devis une clause type : « Prix ferme et définitif sauf découverte de vices cachés après expertise contradictoire ». Comme ça, si un « problème » surgit, vous pouvez contester.
Piège n°3 : Le carreleur du dimanche
Un carrelage mal posé, ça se voit des années après : joints qui noircissent (infiltration d’eau), carreaux qui se décollent, différences de niveau (flaques d’eau), coupes moches aux angles.
Signes d’alarme :
- Il vous dit « je peux commencer demain » (un bon carreleur est booké 3-6 semaines minimum)
- Il ne parle pas de « double encollage » pour du carrelage grand format
- Il ne mentionne pas le type de colle (flex pour douche, standard pour murs secs)
- Il dit « les joints, c’est pas important, je les fais vite fait »
Comment l’éviter ? Demandez des photos de chantiers terminés (vraies photos, pas du Google Images). Allez voir si possible un chantier en cours. Vérifiez ses avis Google en détail. Et surtout : un bon carreleur prend son temps. Compter 5-7 jours minimum pour une salle de bain de 6m² avec douche italienne.
Piège n°4 : La VMC « optionnelle »
« Ah la VMC c’est en option, ça vous coûtera 400€ de plus ». Non, c’est PAS optionnel. C’est OBLIGATOIRE pour les salles de bain sans fenêtre, et vivement recommandé même avec fenêtre (vous n’allez pas ouvrir en plein hiver).
Sans VMC : moisissures garanties, peinture qui cloque, joints noirs, odeurs d’humidité. Votre salle de bain neuve sera pourrie en 2 ans.
Comment l’éviter ? La VMC doit être dans le devis de base. Point. Si elle n’y est pas, soit l’artisan est un amateur, soit il essaie de vous arnaquer sur le prix total (il affiche 6 000€ pour gagner le marché, puis rajoute 1 500€ « d’options obligatoires » après).
Piège n°5 : Les sanitaires « équivalents »
Vous choisissez un joli meuble-vasque Delpha à 850€ dans le catalogue du showroom. Sur le devis, c’est marqué « meuble sous-vasque équivalent : 850€ ». Le jour de la pose, surprise : un truc en aggloméré cheap made in China qui a rien à voir.
Quand vous protestez : « Ah mais c’est équivalent, même prix, même fonction ». Sauf que ça va durer 3 ans au lieu de 15.
Comment l’éviter ? Exigez les références exactes de TOUS les produits sur le devis. Marque + modèle + coloris. « WC suspendu Geberit Smyle » = OK. « WC suspendu blanc » = PAS OK. Si l’artisan refuse, c’est qu’il compte vous refiler du low-cost en se faisant une marge énorme.
Douche à l’italienne ou baignoire : comment choisir ?
C’est LA question qu’on nous pose tout le temps. Voici la vraie réponse (pas le baratin marketing).
La douche à l’italienne : pour qui ?
Les vrais avantages :
- Esthétique moderne, très tendance
- Accessibilité PMR (personnes âgées, mobilité réduite)
- Facile à nettoyer (pas de porte de douche à détartrer)
- Impression d’espace dans les petites salles de bain
Les vrais inconvénients :
- Plus cher qu’une douche classique avec receveur (1 500-4 500€ vs 600-1 200€)
- Risque de fuite si mal étanchéifiée (d’où l’importance du DTU 43.1)
- Impossibilité dans certains cas (plancher bois ancien, pas assez de hauteur sous-plafond pour les pentes d’évacuation)
- Projections d’eau partout si pas de paroi ou paroi trop petite
Vous devriez choisir la douche italienne si :
- Votre salle de bain fait moins de 6m² (gain de place visuel)
- Vous avez +60 ans ou prévoyez de rester longtemps dans le logement (confort futur)
- Vous êtes sur dalle béton (facile) ou plancher récent béton (faisable)
- Budget > 8 000€ pour la rénovation totale
La baignoire : toujours pertinente ?
Les vrais avantages :
- Confort incomparable si vous aimez les bains
- Valeur ajoutée immobilière si appartement familial (jeunes enfants)
- Moins cher qu’une douche italienne (800-2 000€ pour une baignoire acrylique correcte posée)
- Possibilité de mettre un pare-baignoire pour se doucher quand même
Les vrais inconvénients :
- Prend beaucoup de place (1,7m de long minimum)
- Difficile d’accès pour personnes âgées/mobilité réduite
- Consomme beaucoup d’eau (150L vs 60L pour une douche)
- Peut dévaloriser un bien si acheteur cible = jeunes actifs sans enfants
Vous devriez garder/installer une baignoire si :
- Vous avez des enfants en bas âge
- Vous êtes fan de bains relaxants (soyons honnêtes, pas juste « ça peut servir »)
- C’est la seule salle de bain du logement ET vous comptez le revendre d’ici 5-10 ans (les familles cherchent une baignoire)
- Budget < 6 000€ (ça coûte moins cher)
Le compromis malin : la baignoire-douche
Baignoire avec porte étanche (Kinedo, Novellini) : 2 500-4 500€ posée. Ça combine :
- Fonction bain pour les enfants/moments détente
- Fonction douche accessible (on enjambe pas)
- Moins de place qu’une douche + baignoire séparées
Le seul bémoin : c’est moche. Franchement, c’est fonctionnel mais niveau design, on est loin de la douche italienne épurée.
Les questions techniques qu’on évite de vous poser (mais qu’il faut savoir)
Faut-il un permis de construire pour refaire sa salle de bain ?
Non, sauf si vous agrandissez la surface (création d’extension). Par contre, si vous touchez aux évacuations en copropriété, vérifiez le règlement : certaines interdisent de déplacer les colonnes montantes. En maison, vous êtes libre, mais prévenez l’assurance si vous déplacez des arrivées d’eau (peut impacter la garantie en cas de dégât des eaux).
Quelle hauteur pour un lavabo / une vasque ?
Standard : 85cm (du sol au bord supérieur de la vasque). Mais ça dépend de votre taille :
- Vous faites 1m60 → 80-82cm
- Vous faites 1m85 → 88-90cm
- Vasque à poser (sur un meuble) : meuble de 70-75cm + vasque de 10-15cm = 85cm environ
Faites le test AVANT avec un carton à la bonne hauteur. Une vasque trop haute ou trop basse, vous allez le regretter chaque matin pendant 15 ans.
WC suspendu ou WC au sol ?
WC suspendu (2024 = tendance dominante) :
- Pour : Esthétique, facile à nettoyer en dessous, gain de place visuel
- Contre : Plus cher (bâti-support Geberit = 300-500€ + pose = 500€ total), en cas de fuite dans le bâti c’est la galère (faut tout démonter)
- Prix total : 800-1 500€ posé
WC au sol classique :
- Pour : Moins cher (300-600€ posé), plus simple à réparer
- Contre : Encombrant visuellement, difficile à nettoyer derrière
Si votre budget est serré (<7 000€ total), prenez un WC au sol. Si vous visez du moderne et que vous avez le budget, WC suspendu.
Faut-il carreler jusqu’au plafond ?
Idéalement, OUI dans la douche (minimum 2m de hauteur autour du pommeau). Pour le reste de la pièce, carreler à mi-hauteur (1,2m-1,5m) suffit. Au-dessus, peinture glycéro ou acrylique spéciale pièces humides.
Pourquoi ? Parce que le carrelage total coûte 2-3 fois plus cher et n’apporte pas grand-chose niveau étanchéité au-delà de 2m de hauteur (l’eau ne monte pas jusqu’au plafond sauf si vous avez une douche de pompier).
Carrelage clair ou foncé dans une petite salle de bain ?
Clair. Point. Les couleurs sombres (gris anthracite, noir) sont magnifiques en showroom sur 30m², mais dans votre salle de bain de 4m² mal éclairée, ça fait grotte. Privilégiez blanc, beige clair, gris très clair. Vous pouvez mettre une bande de carrelage foncé en accent (par exemple derrière le lavabo), mais pas tout.
Et surtout : format rectangulaire posé à l’horizontal (30x60cm) = impression d’agrandir l’espace. Format carré ou vertical = écrase visuellement.
Trouver le bon artisan : les critères de sélection imparables
Les 3 qualifications à vérifier
1. La mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) Obligatoire si vous voulez bénéficier des aides (MaPrimeRénov’, éco-PTZ) pour une rénovation énergétique. Ça concerne surtout l’isolation et le chauffage, mais si vous refaites la VMC ou installez un chauffage au sol, c’est pertinent.
2. Qualibat (label du BTP) C’est LA référence pour les artisans du bâtiment. Un artisan Qualibat a prouvé ses compétences, sa solidité financière, et ses assurances. Attention, il y a des niveaux :
- Qualibat 2132 = étanchéité
- Qualibat 6122 = plomberie sanitaire
- Qualibat 2151 = carrelage faïence
Plus il a de qualifications, mieux c’est.
3. Les assurances décennale et RC Pro NON NÉGOCIABLE. Vous devez exiger :
- Attestation d’assurance décennale en cours de validité (couvre les gros défauts pendant 10 ans : fissures, fuites majeures)
- Attestation RC Pro (Responsabilité Civile Professionnelle) qui couvre les dégâts pendant le chantier
Si un artisan refuse de vous fournir ces docs, FUYEZ. C’est qu’il travaille au black ou que ses assurances sont périmées. En cas de pépin, vous serez seul face aux dégâts.
Les signaux d’alarme imparables
Il ne prend aucune mesure lors de la première visite Un pro vient avec son mètre laser, prend toutes les cotes (hauteur sous plafond, dimensions exactes, emplacement arrivées d’eau, évacuations). Si le gars fait juste un tour de 5 minutes et dit « je vous envoie un devis », c’est qu’il va pondre un truc au pif.
Il dit « je commence la semaine prochaine » Un bon artisan est booké 1 à 3 mois à l’avance, voire 4-5 mois en haute saison (mars-juin). Si quelqu’un est dispo immédiatement, c’est soit un débutant, soit quelqu’un qui enchaîne les chantiers bâclés et dont personne ne veut.
Il vous demande un gros acompte (>30%) La loi autorise 30% d’acompte maximum à la signature. Si on vous demande 50% ou pire, la totalité « pour acheter les matériaux », c’est une arnaque classique. Paiement normal : 30% à la signature, 40% à mi-chantier, 30% à la fin après réception des travaux.
Il n’a aucun devis écrit détaillé « Écoute, je te fais ça pour 6 000€ cash, on s’arrange ». NON. Un devis légal doit comporter : nom de l’entreprise, SIRET, adresse, détail des travaux, prix HT et TTC, délais, conditions de paiement. Sans ça, vous n’avez AUCUN recours en cas de litige.
Il propose de « récupérer la TVA » Traduction : travail au black. Vous économisez 20% sur le papier, mais :
- Vous n’avez aucune garantie légale
- En cas d’accident sur le chantier, vous êtes responsable (travail dissimulé)
- Si les travaux sont mal faits, impossible de le poursuivre
- Amende possible si contrôle fiscal (jusqu’à 25% du montant des travaux)
Ne prenez JAMAIS ce risque pour économiser 1 000-2 000€.
Les aides financières pour votre salle de bain (méconnues mais réelles)
MaPrimeRénov’ Sérénité Si vous faites des travaux globaux de rénovation énergétique incluant la salle de bain (isolation, VMC performante, chauffage au sol), vous pouvez toucher jusqu’à 35% du montant (plafond 10 500€). Conditions : revenus modestes ou très modestes, logement +15 ans, gain énergétique de 35% minimum.
Crédit d’impôt pour adaptation PMR 25% des dépenses (plafonné à 5 000€) si vous adaptez votre salle de bain pour une personne en situation de handicap ou une personne âgée. Concerne : douche plain-pied, WC rehaussé, barres d’appui, lavabo adapté. Valable même si vous n’êtes pas encore concerné (anticipation pour rester dans votre logement plus tard).
Action Logement Si vous êtes salarié du secteur privé, Action Logement finance jusqu’à 5 000€ pour adapter votre logement au vieillissement (sous conditions de ressources). Remboursable sur 10 ans à taux 0%.
Aides locales Certaines communes, départements, régions ont des aides complémentaires. Exemple : conseil départemental qui subventionne 1 500€ pour douche PMR si +70 ans et revenus modestes. Renseignez-vous en mairie ou sur anil.org (Agence Nationale pour l’Information sur le Logement).
Trois astuces de pro pour économiser intelligemment
1. Gardez la position de la douche/baignoire actuelle
Déplacer un point d’eau coûte cher : casser le sol pour les évacuations (500-800€), tirer de nouvelles arrivées (300-500€), refaire l’étanchéité sur une plus grande surface. Si votre douche est bien placée, changez juste le receveur et le carrelage autour. Économie : 1 000-1 500€.
2. Achetez vous-même le carrelage et les sanitaires
Les artisans ont souvent 30-50% de marge sur les matériaux. Si vous achetez directement chez Point P, BigMat ou même Leroy Merlin, vous économisez gros. Exemple : robinetterie Grohe à 280€ sur Amazon vs 450€ via l’artisan. Par contre, vérifiez que l’artisan accepte (certains refusent pour éviter les problèmes de compatibilité ou de garantie).
3. Faites poser en hiver (novembre-février)
C’est la morte-saison pour les artisans du bâtiment. Ils ont moins de chantiers, donc plus enclins à négocier. Vous pouvez obtenir 10-15% de remise sur le même devis qu’en avril. L’inconvénient : vous vivez sans salle de bain fonctionnelle en plein hiver (prévoyez une solution de secours).
Prochaine étape : lancez-vous
Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour obtenir des devis sérieux, éviter les arnaques, et choisir le bon professionnel. Une salle de bain bien pensée et bien réalisée, c’est un confort quotidien pendant 15-20 ans minimum.
Ne faites pas l’erreur de choisir le devis le moins cher sans vérifier les détails. Un devis à 5 000€ avec une étanchéité bâclée vous coûtera 8 000€ en réparations 2 ans plus tard. Mieux vaut payer 7 000€ maintenant avec un artisan RGE, Qualibat, assuré, qui fait les choses dans les règles.
Demandez au moins 3 devis pour comparer. Pas juste les prix, mais les méthodes, les produits proposés, le feeling avec l’artisan. Vous allez le côtoyer pendant 1 à 2 semaines, autant que le courant passe.
Et surtout : prenez votre temps. Une salle de bain, ça se prépare. Visitez des showrooms, touchez les matériaux, regardez des réalisations en vrai. Ça vaut le coup d’attendre 2 mois de plus pour avoir exactement ce que vous voulez plutôt que de vous précipiter et regretter pendant 15 ans.