Quel est le chauffage le plus économique ? Le calcul au kWh de chaleur

Aux tarifs d’octobre 2026, la pompe à chaleur air/eau fournit le kWh de chaleur le moins cher, autour de 7 centimes, devant les granulés de bois, autour de 12 centimes. Le gaz, l’électricité directe et le fioul suivent, entre 18 et 23 centimes. Ce guide montre d’où viennent ces chiffres, quelles hypothèses les font bouger, puis ce que le prix de l’énergie ne dit pas : le prix de l’appareil, sa durée de vie, son entretien et les aides de 2026.

Comparer le prix du kWh de chaleur, pas celui de l’énergie

Un kWh d’électricité, un kWh de gaz et un kWh de granulés ne chauffent pas autant la maison. Une chaudière perd une partie de l’énergie qu’elle brûle ; une pompe à chaleur, à l’inverse, restitue plus de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité, parce qu’elle en puise dans l’air extérieur. Pour comparer, il faut donc ramener chaque énergie au kWh de chaleur réellement livré dans les pièces, dit « utile ».

Le calcul tient en une ligne : prix du kWh acheté ÷ rendement saisonnier de l’appareil = prix du kWh utile. Pour le fioul et les granulés, achetés au litre ou à la tonne, il faut d’abord convertir en kWh. Toute la difficulté est dans le rendement : celui d’un catalogue, celui exigé par la réglementation et celui mesuré chez vous ne coïncident pas. Nous avons retenu, pour chaque appareil, une valeur publique et nous la donnons, pour que vous puissiez la remplacer par la vôtre.

Les prix de l’énergie au 19 octobre 2026

Électricité, gaz et fioul viennent de sources officielles. Pour les granulés, nous n’avons trouvé aucune série publique à jour pour 2026 : le chiffre est celui d’un relevé commercial, cité comme tel.

ÉnergiePrix retenu (TTC)Conversion en kWhPrix du kWh achetéSource et date
Électricité, tarif réglementé option Base, 6 kVA20,01 c€ le kWhSans objet20,0 c€CRE, barème au 1er août 2026 (13,61 c€ HT, plus accise et TVA)
Électricité, option Heures creuses (heures creuses)15,89 c€ le kWhSans objet15,9 c€CRE, même barème (10,18 c€ HT)
Gaz naturel, profil chauffage15,76 c€ le kWh, plus 360,79 € d’abonnement par anFacturé en kWh15,8 c€Prix repère de la CRE pour novembre 2026, zone GRDF, publié le 12 octobre 2026
Fioul domestique, livraison de 2 000 à 4 999 litres1,93 € le litreEnviron 10 kWh par litre19,3 c€Ministère de la Transition écologique, relevé du 16 octobre 2026
Granulés de bois en vrac431 € la tonneEnviron 4,6 kWh par kilo9,4 c€Selectra, relevé du 25 septembre 2026 (site commercial)
Électricité : délibération CRE ; gaz : prix repère CRE ; fioul : prix des produits pétroliers.

Trois précisions. Le prix repère du gaz n’est pas une offre que l’on souscrit : c’est la référence mensuelle publiée par la CRE, et beaucoup de contrats sont indexés dessus ; il était de 14,56 centimes pour le chauffage en octobre et augmente en novembre. Le fioul a beaucoup bougé : 1,17 € le litre en moyenne en janvier 2026, 1,88 € en septembre, selon la même base du ministère. Le granulé, enfin, se paie plus cher en sacs qu’en vrac et varie de 406 à 475 € la tonne selon les villes dans le relevé cité.

Le classement, énergie par énergie

Voici le prix du kWh utile avec les rendements retenus, et ce que coûteraient 10 000 kWh de chaleur par an, le besoin d’une maison d’environ 100 m² moyennement isolée selon l’ordre de grandeur souvent pris en exemple. Votre besoin réel se lit sur vos factures (dernière section).

SystèmeRendement retenuPrix du kWh utile10 000 kWh de chaleur par anD’où vient le rendement
Pompe à chaleur air/eau2,9 (2,5 par prudence)6,9 c€ (8,0 c€)690 € (800 €)Moyenne mesurée par l’ADEME sur 90 maisons (2025)
Chaudière à granulés77 %12,2 c€1 220 €Minimum exigé pour la prime CEE (fiche BAR-TH-113)
Chaudière gaz à condensation86 %18,3 c€1 830 €, plus 361 € d’abonnementMinimum d’écoconception d’une chaudière neuve
Radiateurs électriques100 %20,0 c€2 000 €Toute l’électricité devient chaleur
Chaudière fioul existante86 % (hypothèse)22,5 c€2 250 €Même valeur que le gaz, pour comparer
Calcul : prix du kWh acheté ÷ rendement. Abonnement d’électricité non compté (il existe dans tous les cas), entretien et achat exclus.

La pompe à chaleur loin devant

Même en retenant un rendement de 2,5, plus bas que la moyenne mesurée, la PAC air/eau reste en tête : son kWh de chaleur coûte deux à trois fois moins cher que celui du gaz ou des radiateurs. Sa limite est connue : le rendement réel dépend de la température de l’eau envoyée dans vos radiateurs, et de bonnes installations dépassent 4 quand de mauvaises descendent vers 2. Notre guide sur le rendement réel d’une pompe à chaleur air/eau explique comment le vérifier avant de signer.

La pompe à chaleur air/air, celle d’une climatisation réversible, fonctionne sur le même principe. La prime CEE exige un SCOP d’au moins 3,9 (fiche BAR-TH-129), mais nous n’avons trouvé aucune mesure publique de son rendement réel comparable à celle de l’ADEME pour l’air/eau : nous ne la classons donc pas.

Le granulé, deuxième sous conditions

Les granulés arrivent deuxièmes avec une hypothèse défavorable : 77 % est le rendement minimal qu’exige la prime CEE pour une chaudière de 20 kW au plus, et un modèle plus performant baisse d’autant le prix du kWh utile. Deux réserves en sens inverse. Le prix du combustible est le plus volatil après le fioul : d’une ville à l’autre, le relevé cité va de 406 à 475 € la tonne, et les sacs coûtent plus cher que le vrac. Et la chaudière demande de la place, puisque la fiche CEE impose un silo d’au moins 225 litres pour un modèle à alimentation automatique, ainsi qu’un accès pour le camion de livraison.

Gaz et électricité directe presque à égalité

Au kWh, le gaz garde un peu d’avance sur les radiateurs électriques : 18,3 centimes contre 20. Mais si le gaz ne sert qu’au chauffage, ses 361 € d’abonnement annuel effacent l’écart pour 10 000 kWh. L’électricité directe a aussi une variante moins chère : chauffer pendant les heures creuses, à 15,9 centimes, avec un plancher chauffant ou des radiateurs à accumulation. Ce n’est vrai que si l’essentiel de la chaleur est consommé à ces heures-là.

Le fioul hors jeu

Le fioul est le plus cher du tableau, et la question ne se pose plus pour un équipement neuf : depuis le 1er juillet 2022, un appareil de chauffage installé doit émettre moins de 300 g de CO2 par kWh, ce qui exclut les chaudières neuves au fioul ou au charbon (décret n° 2022-8). Une chaudière existante peut être entretenue et réparée. Pour la remplacer, le choix se fait entre les autres lignes du tableau.

Le kWh le moins cher a un prix d’achat : voyez celui d’une PAC air/eau pour votre surface.

L’achat, la durée de vie et l’entretien

Le système au kWh le moins cher est souvent le plus cher à installer, et l’économie annuelle doit rembourser cet écart pendant la vie de l’appareil. Les prix posés sont sur nos pages outil, chacune avec son estimateur : prix d’une pompe à chaleur air/eau posée, prix d’une chaudière à granulés, prix d’une chaudière gaz, radiateurs électriques et plancher chauffant. Pour la PAC air/eau, notre grille donne par exemple 8 000 à 11 500 € pour 80 m² dans une maison bien isolée.

SystèmeDurée de vie conventionnelleEntretienContraintes à prévoir
PAC air/eau17 ans (fiche CEE BAR-TH-171)Obligatoire tous les 2 ans de 4 à 70 kWUnité extérieure, émetteurs à eau compatibles
PAC air/air17 ans (fiche BAR-TH-129)Obligatoire tous les 2 ans de 4 à 70 kWUnités intérieures ou gaines, pas d’eau chaude
Chaudière à granulés17 ans (fiche BAR-TH-113)Entretien annuel et ramonageSilo d’au moins 225 litres exigé pour la prime, livraisons
Chaudière gazAucune valeur officielle trouvéeEntretien annuel obligatoireRaccordement au réseau, abonnement
Radiateurs électriquesAucune valeur officielle trouvéeAucun entretien réglementairePuissance d’abonnement parfois à relever
La durée conventionnelle sert au calcul des primes CEE : ce n’est pas une garantie.

L’entretien pèse sur le bilan : l’ADEME retenait 200 € par an pour une PAC et 150 € pour une chaudière gaz dans son calcul de rentabilité. Le coût d’une visite est détaillé sur notre page entretien d’une pompe à chaleur.

Sur la même étude, l’ADEME a calculé des temps de retour réels, à partir des coûts de 83 ménages et des aides de 76, aux prix de l’énergie de 2025. Remplacer une chaudière gaz qui fonctionne encore par une PAC se rembourse en 9 ans avec les aides (médiane), 14 ans sans. Si la chaudière doit être changée de toute façon, choisir une PAC plutôt qu’une chaudière gaz neuve rembourse le surcoût en 2 ans avec les aides, 6 ans sans. C’est la meilleure réponse publique à la question de ce guide : le chauffage le plus économique dépend d’abord du moment où vous changez d’appareil.

Les aides de 2026 déplacent le classement

Le reste à payer compte plus que le prix affiché, et les règles ont changé cette année. En métropole, MaPrimeRénov’ par geste ne finance plus que la pompe à chaleur air/eau, la PAC géothermique ou solarothermique, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique (Service Public, vérifié le 1er septembre 2026). La chaudière à granulés n’y figure plus : elle ne compte que dans une rénovation d’ampleur.

  • PAC air/eau : MaPrimeRénov’ de 3 000 à 5 000 € selon les revenus, prime CEE, TVA à 5,5 %.
  • Chaudière à granulés : prime CEE, bonifiée par le Coup de pouce Chauffage si elle remplace une chaudière au fioul, au gaz ou au charbon, et TVA à 5,5 %.
  • PAC air/air : TVA à 5,5 % depuis le 18 juillet 2026 pour les modèles qui remplissent les critères techniques, et prime CEE ; pas de MaPrimeRénov’.
  • Chaudière gaz : aucune aide nationale, TVA à 20 %, et depuis le 1er septembre 2026 la rénovation d’ampleur est refusée dans une maison qui garde un chauffage au gaz.

Le détail des montants et l’ordre des démarches sont sur notre page aides rénovation 2026. Méfiez-vous des appels que vous n’avez pas demandés : le démarchage téléphonique est interdit pour ces travaux, même si vous avez donné votre accord ; seul est permis le rappel que vous avez demandé, sur ce projet et dans les 5 jours ouvrables (Service Public).

Refaire le calcul avec vos factures

Notre tableau compare des énergies, pas votre maison. Pour un résultat qui vous concerne, quatre étapes suffisent :

  1. Relevez votre consommation de chauffage sur un an : kWh de gaz, litres de fioul ou tonnes de granulés, sur vos factures.
  2. Multipliez-la par le rendement de votre appareil actuel pour obtenir votre besoin de chaleur ; l’ADEME retient 82 % pour une chaudière gaz en service.
  3. Divisez ce besoin par le rendement du système envisagé, puis multipliez par le prix de son énergie : vous obtenez la future facture, à laquelle s’ajoutent l’abonnement et l’entretien.
  4. Divisez le reste à payer, aides déduites, par l’économie annuelle : c’est le nombre d’années pour amortir l’achat.

Ce calcul a trois angles morts. Il suppose les prix constants, alors que le fioul a gagné plus de 60 % en neuf mois. Il mélange des bases de calcul : le rendement réglementaire des chaudières est exprimé sur le pouvoir calorifique supérieur, que nous appliquons au contenu énergétique courant des granulés et du fioul, ce qui les pénalise légèrement. Et il ne dit rien du confort ni de la place disponible. Si vos combles ne sont pas isolés, commencez par là : l’isolation des combles baisse le besoin de chaleur, quelle que soit l’énergie choisie. Les autres pages du secteur sont réunies dans chauffage et climatisation.

Pas de radiateurs compatibles avec une PAC, mais de la place pour un silo ? Comparez avec une chaudière à granulés. Les devis passent par notre partenaire Viteundevis, qui nous rémunère pour chaque mise en relation.

Par la rédaction de Devis-Gratuit.pro. Mis à jour le 19 octobre 2026.