Terrasse composite ou bois : que choisir ?

Le composite promet une terrasse sans entretien, le bois une matière vraie qui vieillit bien. Les deux promesses sont à moitié justes. Un bois mal choisi pourrit en quelques années, un composite bas de gamme se déforme et se tache, et dans les deux cas c’est souvent la structure en dessous qui lâche la première. Voici ce qui les distingue vraiment, d’après la norme des terrasses en bois et les fiches des fabricants, puis notre avis selon votre terrasse. Le prix pour votre surface est sur notre page prix d’une terrasse au m².

Ce que recouvrent les mots

« Bois » désigne en fait trois familles. Le résineux traité, surtout du pin, n’est pas assez durable par nature pour rester dehors à l’horizontale : il est imprégné sous pression en autoclave, d’où sa couleur verte ou brune au départ. Les bois naturellement durables d’Europe, comme le chêne, le châtaignier ou le robinier, se posent sans traitement. Les bois exotiques, ipé, cumaru, bangkiraï, sont denses, durs et durables sans traitement ; ce sont les plus chers.

« Composite » désigne un mélange de fibres végétales et de plastique, extrudé en lames. La lame que nous avons lue chez Océwood, par exemple, contient 70 % de PVC recyclé et 30 % de fibre de lin. On en trouve quatre sortes. L’alvéolaire, creuse, est la plus légère et la moins chère. La semi-pleine et la pleine sont plus lourdes et plus rigides. La co-extrudée est enveloppée d’une peau plastique qui protège la couleur et limite les taches.

Le bois : la norme fixe l’essence

Une terrasse en bois se conçoit selon le NF DTU 51.4, révisé en décembre 2018, qui ne vise que les bois massifs. Le guide de conception publié par la filière bois et l’institut technologique FCBA en tire une règle simple : une lame de terrasse est en classe d’emploi 4, celle d’une surface horizontale exposée à la pluie, sauf conception très soignée qui évacue l’eau partout. Chaque essence doit être compatible avec cette classe :

EssenceClasse d’emploi 4
Pin sylvestre ou maritime traité classe 4Oui
Pin ou douglas traité classe 3.2 seulementNon
Douglas ou mélèze sans traitement, purgé d’aubierNon
Chêne ou châtaignier sans traitement, purgé d’aubierOui, hors contact avec le sol
Robinier sans traitement, purgé d’aubierOui
Ipé, cumaru, bangkiraï, iroko et autres tropicaux purgés d’aubierOui
Source : Guide de conception et de réalisation des terrasses en bois, FNB, LCB, ATB, ARBUST et FCBA, mars 2020, conforme au NF DTU 51.4 de 2018.

Deux pièges ressortent de ce tableau. Le douglas et le mélèze, souvent vendus comme durables, ne le sont pas assez pour une lame posée à plat sous la pluie. Et le guide insiste : « L’aubier n’est jamais durable ». Une lame qui garde une bande claire d’aubier sur la tranche s’abîmera par là, quelle que soit l’essence. Le chêne et le châtaignier ont un autre défaut, signalé par le même guide : leurs tanins coulent et peuvent tacher une façade ou un dallage voisin.

La norme vise une durée de vie minimale de 10 ans, et le guide précise que la durée réelle est en général supérieure. Elle dépend autant de la pose que de l’essence : appuis sous les lambourdes espacés de 70 cm au plus, et, pour aller plus loin, une sous-face ventilée sur au moins 10 cm et des cales de 3 mm qui décollent la lame de la lambourde.

Le composite : la fiche du fabricant fait la règle

Le DTU 51.4 ne couvre pas le composite. Il n’existe pas de règle commune de pose : chaque fabricant publie la sienne, et sa garantie n’est valable que si elle a été suivie. C’est le premier document à demander au poseur, avant le devis.

Le point qui surprend le plus est la dilatation. Une lame composite s’allonge à la chaleur, dans le sens de la longueur. Océwood demande ainsi un jeu de 3 mm par mètre de terrasse, soit 45 mm sur une terrasse de 15 m. Les fiches de Silvadec imposent 5 mm entre lames, 15 mm le long des murs et des lambourdes espacées de 40 cm. Un poseur habitué au bois qui serre les lames bout à bout prépare des lames qui se soulèvent au premier été.

Les garanties disent beaucoup de la qualité d’une lame. Sur les fiches que nous avons relevées, elles vont de 7 ans pour une semi-pleine d’enseigne à 10 ans pour une alvéolaire et 20 ans pour une pleine co-extrudée. Lisez ce qu’elles couvrent : la tenue mécanique, la couleur, ou les deux, et à quelles conditions de pose.

Vieillir gris ou rester propre

Tout bois laissé brut devient gris argenté. Le guide de la filière bois situe le début du changement dans les six premiers mois et rappelle qu’il reste en surface, sans effet sur la solidité ni la durabilité ; il conseille de le laisser faire. Ce qui est impératif, en revanche, c’est un nettoyage soigneux deux fois par an, à l’eau et à la brosse dure non métallique, pour retirer mousses et dépôts qui rendent la terrasse glissante. Garder la teinte d’origine est possible avec une finition, au prix d’applications répétées selon le rythme du fabricant du produit.

Le composite ne grisaille pas comme le bois, mais il change aussi un peu. Océwood prévient que sa lame pâlit de façon homogène dans les premières semaines avant de se stabiliser, et conseille un nettoyage chaque fin d’hiver. La même fiche note que les taches de graisse, de vin ou de cigarette restent apparentes : sous un barbecue, le composite ne pardonne pas plus que le bois, et il ne se ponce pas. Le « sans entretien » est donc un « peu d’entretien ».

Pieds nus, en plein été

Le fabricant de composite TimberTech l’écrit lui-même dans son guide de pose : toutes les lames chauffent au soleil, et plus elles sont foncées, plus elles chauffent. Sur une terrasse plein sud sans ombre, un composite gris anthracite peut devenir pénible à traverser pieds nus en juillet. Choisissez une teinte claire, ou prévoyez de l’ombre, par exemple une pergola en aluminium. Nous n’avons pas trouvé de mesure indépendante comparant la température d’un bois et d’un composite de même couleur ; méfiez-vous des chiffres de catalogue.

Le composite n’a pas d’échardes, ce qui compte autour d’une piscine ou avec de jeunes enfants. Un bois de qualité bien entretenu en a peu, un résineux bas de gamme davantage avec les années. Pour la glissance, les deux matériaux sont à égalité sur un point : une lame encrassée de mousse glisse, qu’elle soit en bois ou en composite. Pour un tour de piscine très mouillé, un carrelage extérieur antidérapant reste une autre option.

L’écart de prix, posé

Sur notre grille, une terrasse posée revient à 90 à 170 € le m² en bois résineux, 110 à 260 € en composite et 150 à 290 € en bois exotique. Le composite se place donc entre les deux bois, avec la fourchette la plus large, parce que le type de lame fait le prix. Prix-travaux-m2.com détaille cet écart, hors taxes et pose comprise :

Lame compositePrix posé au m², HT
Alvéolaire80 à 185 €
Semi-pleine95 à 185 €
Pleine105 à 215 €
Co-extrudée125 à 235 €
Source : Prix-travaux-m2.com, novembre 2025, prix hors taxes. Une seule source, distincte de notre grille.

Une lame composite d’entrée de gamme coûte à peu près le prix d’un bon résineux, une co-extrudée celui d’un exotique. Comparer « le composite » et « le bois » sans dire quelle lame et quelle essence n’a donc pas de sens : demandez les deux devis avec la référence exacte de la lame et sa garantie. La structure, elle, pèse le même prix ou presque dans les deux cas.

Notre choix selon la terrasse

Grande terrasse, budget serré, gris accepté : un pin traité classe 4, posé dans les règles du DTU. C’est le meilleur rapport entre prix et durée, à condition de vérifier la classe sur le bon de livraison et pas seulement sur le devis.

Terrasse familiale, pieds nus, peu de temps pour l’entretien : un composite plein ou co-extrudé, de teinte claire, avec une garantie d’au moins 20 ans et une notice de pose suivie à la lettre. Nous déconseillons l’alvéolaire sur une terrasse très utilisée : c’est la lame la moins chère, et la garantie relevée sur une alvéolaire, 10 ans, est deux fois plus courte que celle d’une pleine co-extrudée.

Terrasse qui doit durer plusieurs décennies et vieillir comme un meuble : un bois exotique ou un robinier, avec une certification de gestion forestière comme FSC ou PEFC pour l’exotique. Enfin, près d’une façade claire ou d’un dallage, évitez le chêne et le châtaignier, dont les tanins coulent.

Une terrasse n’est pas un travail d’économie d’énergie au sens du Code de la consommation : la règle générale du démarchage s’applique. Depuis le 11 août 2026, un appel commercial n’est permis que si vous avez expressément accepté d’être contacté (Service Public). Les autres chantiers du jardin sont réunis dans gros œuvre et extérieur.

Bois ou composite, votre surface en tête : estimez la terrasse posée et recevez jusqu’à 3 devis. Les devis passent par notre partenaire Viteundevis, qui nous rémunère pour chaque mise en relation.

Par la rédaction de Devis-Gratuit.pro. Mis à jour le 19 octobre 2026.