18 à 24 mois, sept étapes qui se chevauchent
ABC Travaux, dans un guide de juillet 2026, découpe le projet en sept temps. Les durées ne s’additionnent pas : on cherche souvent le terrain et le constructeur en même temps, et le prêt se négocie pendant l’instruction du permis.
| Étape | Durée indicative | Ce qui la conclut |
|---|---|---|
| 1. Projet et budget | 1 à 2 mois | Une enveloppe et un accord de principe de la banque |
| 2. Terrain | 2 à 6 mois | La promesse de vente |
| 3. Constructeur ou architecte | 1 à 2 mois | Le contrat signé |
| 4. Plans et permis | 3 à 5 mois | Le permis accordé, puis purgé des recours |
| 5. Financement définitif | 1 à 2 mois | L’offre de prêt et l’assurance dommages-ouvrage |
| 6. Chantier | 8 à 14 mois | La réception |
| 7. Après les clés | 1 à 10 ans | Les déclarations, puis la fin des garanties |
Avant de s’engager sur un terrain
En 2024, un terrain acheté pour construire coûtait 95 000 € en moyenne pour 932 m², et 31 % des projets se faisaient sur un terrain reçu par succession ou donation (SDES). Avant de signer la promesse, trois vérifications évitent les mauvaises surprises :
- Ce que le PLU autorise : hauteur, emprise au sol, reculs, aspect des façades. Un certificat d’urbanisme opérationnel, demandé à la mairie, confirme qu’un projet précis est réalisable.
- Les réseaux : un terrain non viabilisé demande 5 000 à 15 000 € pour amener l’eau, l’électricité et l’évacuation, selon ABC Travaux, et parfois un assainissement individuel quand le tout-à-l’égout ne passe pas.
- Le sol : sur les terrains exposés au retrait-gonflement des argiles, 55 % du territoire métropolitain, le vendeur doit fournir une étude géotechnique préalable (G1), valable 30 ans. La carte d’exposition mise à jour s’applique aux ventes et aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 (ministère de la Transition écologique). Un terrain en pente annonce aussi un terrassement plus lourd.
Le choix du contrat règle la suite
Trois façons de faire construire coexistent, et elles ne protègent pas de la même façon (Service Public). Avec un constructeur, 54 % des maisons en 2024, vous signez un contrat de construction de maison individuelle (CCMI) : un prix forfaitaire, un délai, une garantie de livraison et des paiements plafonnés par phase. Avec un architecte, obligatoire au-delà de 150 m² de surface de plancher (Service Public), vous signez un contrat de maîtrise d’œuvre puis un contrat par entreprise ; l’architecte établit un planning signé par chacune, mais ne garantit pas le délai. Si vous coordonnez vous-même les artisans, comme 29 % des ménages, chaque contrat d’entreprise est libre : Service Public conseille d’y prévoir une retenue de garantie de 5 %.
Ce choix change aussi le budget : les écarts de prix entre ces trois formules sont chiffrés sur notre page prix de construction d’une maison.
Le permis, du dossier à la fin des recours
Le constructeur ou l’architecte monte en général le dossier de permis de construire de maison individuelle. Il comprend un plan de situation, un plan de masse, un plan en coupe, une notice, les façades et toitures, une insertion du projet dans son environnement, deux photos, et l’attestation de prise en compte de la réglementation environnementale RE2020 (Service Public). La même fiche donne le calendrier :
- la mairie a un mois pour réclamer une pièce manquante, et vous trois mois pour la fournir ;
- l’instruction dure deux mois pour une maison, trois en secteur protégé ; sans réponse à l’échéance, le permis est tacite ;
- le panneau, rectangulaire et de plus de 80 cm, s’affiche sur le terrain, visible de la voie, dès la notification ;
- les voisins et les tiers ont deux mois pour contester, à partir du premier jour d’un affichage continu ;
- le permis vaut trois ans et peut être prolongé deux fois d’un an.
En pratique, la plupart des projets attendent la fin de ce délai de recours avant d’ouvrir le chantier : de la demande à un permis purgé, prévoyez quatre mois au moins.
Signer, financer, assurer
Le CCMI se signe avant le permis et avant le prêt : il les inscrit parmi ses conditions suspensives, avec l’achat du terrain, l’assurance dommages-ouvrage et la garantie de livraison. Si l’une manque, le contrat tombe. Une fois le contrat notifié par lettre recommandée, vous avez 10 jours pour vous rétracter. Le constructeur peut demander un dépôt de garantie de 3 % au plus, bloqué sur un compte à votre nom, ou deux versements de 5 % couverts par une garantie de remboursement (Service Public) ; aucun paiement n’est permis avant la signature.
L’assurance dommages-ouvrage se souscrit avant l’ouverture du chantier (Code des assurances, article L242-1). Elle paie les réparations relevant de la garantie décennale sans attendre qu’un tribunal désigne un responsable : l’assureur a 60 jours pour dire s’il prend le sinistre en charge et 90 jours pour faire une offre. Le chantier démarre ensuite par une déclaration d’ouverture déposée en mairie. Une précaution, enfin : depuis le 11 août 2026, un constructeur ne peut vous appeler pour vous démarcher que si vous avez donné votre accord préalable (Service Public).
Le chantier, phase par phase
En CCMI, chaque phase achevée autorise le constructeur à appeler une part du prix, jamais plus que le plafond fixé par l’article R231-7 du Code de la construction. Le tableau met côte à côte les durées publiées par SeLoger en septembre 2025 et ces plafonds, cumulés :
| Phase | Durée indicative | Plafond cumulé des paiements en CCMI |
|---|---|---|
| Ouverture du chantier | Quelques jours | 15 %, dépôt de garantie compris |
| Terrassement et fondations | 1 à 2 mois | 25 % à l’achèvement des fondations |
| Élévation des murs | 1 à 3 mois | 40 % à l’achèvement des murs |
| Charpente, couverture, menuiseries extérieures | 2 à 3 mois | 60 % hors d’eau, puis 75 % hors d’air et cloisons |
| Second œuvre : électricité, plomberie, chauffage, isolation, cloisons | 3 à 4 mois | 95 % à l’achèvement des équipements |
| Finitions : sols, peintures | 1 à 2 mois | Solde à la réception ou à la levée des réserves |
Les phases correspondent chacune à des métiers différents : terrassement et maçonnerie pour le gros œuvre, charpente et couverture pour la mise hors d’eau, menuisiers pour la mise hors d’air, puis plombier, chauffagiste et électricité. Hors CCMI, ce sont autant de devis et de contrats. Dans tous les cas, allez sur le chantier avant de payer un appel de fonds : constater la phase achevée, c’est la seule façon de vérifier que le paiement demandé lui correspond. Selon SeLoger, une maison traditionnelle demande 10 à 12 mois de chantier, une ossature bois 6 à 8 mois, une maison modulaire 4 à 6 mois.
Ce qui allonge le chantier
La météo d’abord : une période de fortes pluies ou de gel arrête le gros œuvre pour des semaines. Puis les délais de livraison des matériaux, la disponibilité des artisans entre deux phases et, plus que tout, les changements de plan ou d’options en cours de route, que le constructeur facture et replanifie. En CCMI, le retard au-delà du délai contractuel ouvre droit à des pénalités d’au moins 1/3 000 du prix par jour (Service Public, fiche citée plus haut).
La réception, puis les garanties
La réception est l’acte par lequel vous acceptez la maison, avec ou sans réserves. Faites-vous accompagner d’un professionnel si vous le pouvez : le Code de la construction en tire les conséquences sur le solde. Accompagné, le solde est dû à la levée des réserves, ou à la fin de la réception s’il n’y en a pas. Seul, vous gardez 8 jours après la remise des clés pour signaler par lettre recommandée les défauts apparents, et le solde n’est dû qu’ensuite. Quand des réserves sont notées, jusqu’à 5 % du prix restent consignés jusqu’à ce qu’elles soient levées (article R231-7, cité plus haut).
La réception fait aussi partir les trois garanties légales (Service Public) : un an de parfait achèvement, pendant lequel le constructeur répare tous les désordres signalés ; deux ans de bon fonctionnement pour les équipements qu’on peut démonter sans abîmer le bâti, comme un chauffe-eau ; dix ans de garantie décennale pour ce qui touche la solidité ou rend la maison inhabitable. Pour un désordre décennal, écrivez au constructeur et déclarez-le à votre assureur dommages-ouvrage, par lettre recommandée.
Après la remise des clés
Trois démarches restent à faire. En mairie, la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux (DAACT) clôt le permis (Service Public) ; dans les zones d’argiles d’exposition moyenne ou forte, elle s’accompagne d’une attestation sur les mesures prises contre les mouvements du sol. Sur le site des impôts, dans l’espace « Biens immobiliers », la taxe d’aménagement se déclare dans les 90 jours qui suivent l’achèvement ; elle se paie en une fois sous 1 500 €, en deux fois au-delà (Service Public). La déclaration foncière suit le même délai de 90 jours et peut ouvrir droit à une exonération de taxe foncière de deux ans (Service Public).
Viennent ensuite les travaux extérieurs que le contrat laisse souvent de côté : allée, clôture, terrasse, garage. Ils sont réunis dans notre rubrique gros œuvre et extérieur.
Les étapes sont claires, reste le budget : estimez le prix de votre maison selon la surface et la finition.
Par la rédaction de Devis-Gratuit.pro. Mis à jour le 19 octobre 2026.